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Annie Desrochers
Audio fil du mercredi 31 octobre 2018

Qu’est-ce qui constitue un discours haineux?

Publié le

Un homme en complet crie dans un porte-voix qui projette du feu.
Pour être considérés comme une incitation à la haine, les propos doivent viser un groupe spécifique.   Photo : Getty Images / BsWei

Depuis quelques années, la police redouble de vigilance contre les propos haineux, particulièrement sur les réseaux sociaux. Selon la juge à la retraite Suzanne Coupal, être reconnu coupable d'incitation à la haine en vertu du Code criminel canadien peut s'accompagner d'une peine allant jusqu'à deux ans de prison. Mais qu'est-ce qui constitue un discours haineux?

Suzanne Coupal explique qu’inciter à la haine, c’est faire des déclarations dans un endroit public (ce qui inclut Internet et les réseaux sociaux) qui encouragent les gens à manifester de l’animosité ou à entreprendre des actions contre un groupe identifiable. C’est s’attaquer à un groupe qui est différent, par exemple à cause de la couleur de la peau, de la religion, de l’orientation sexuelle ou du genre, souligne-t-elle.

Mais il faut faire attention de ne pas confondre le fait d’émettre son opinion avec celui d’inciter à la haine. Il faut vraiment qu’il y ait une intention malicieuse, précise Suzanne Coupal. On serait heureux qu’il y ait une suite à nos propos.

Aux États-Unis, c’est la liberté d’expression qui prime

Les États-Unis sont le seul pays où les propos haineux ne sont pas une infraction criminelle, en raison du premier amendement qui garantit le droit à la liberté de presse.

La Cour suprême, unanimement, a dit : "On ne veut pas encadrer les propos haineux parce qu’on ne veut pas que ce soit le gouvernement qui décide ce qui est bon et ce qui ne l'est pas", mentionne Suzanne Coupal.

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