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Annie Desrochers
Audio fil du jeudi 13 septembre 2018

Pauline Julien, femme sensible et citoyenne engagée

Publié le

Paulien Julien en pleine prestation en 1967
Pauline Julien en 1967   Photo : Radio-Canada

Dans le documentaire Pauline Julien : intime et politique, la cinéaste Pascale Ferland met en lumière deux facettes de la célèbre chanteuse, celle de sa vie publique et celle de sa vie intime.

Cela fait de nombreuses années que Pascale Ferland nourrit le projet de faire connaître la vie de Pauline Julien. Dès 1999, elle voulait en faire un film, mais comme la chanteuse venait de mourir, elle a estimé que le moment était mal choisi.

Pour réaliser son œuvre, la cinéaste a eu accès à toutes les archives de Pauline Julien, une véritable mine d’or. J’avais tellement d’archives qu’un moment donné, il y a une ligne éditoriale qui devait s’imposer, et ç'a été l’intime et le politique, raconte-t-elle.

Amour et angoisse

Pascale Ferland a mis la main sur 500 lettres d’amour que Pauline Julien et Gérald Godin se sont échangées en 32 ans. Au-delà des sentiments qui animaient les deux amants, on y perçoit une très forte influence de la politique, indique la cinéaste. Il y avait comme une lutte de pouvoir qui se dessinait et des prises de position féministes, déjà à l’époque, dit-elle.

C’est ce qui m’intéressait : comment une femme de cette époque-là pouvait avoir cette fougue d’imposer sa vision féministe à son homme, à son entourage, au milieu culturel.

Pascale Ferland, cinéaste

Mais tout n’était pas rose dans la vie de Pauline Julien, loin de là. La cinéaste décrit la chanteuse comme une femme profondément angoissée : Pauline, ce n’est pas un secret, c’était une femme dépressive, c’était quelqu’un qui avait une grande angoisse. Quand elle se retrouvait seule, le soir, il y avait ces idées noires qui l’enveloppaient. Mais en même temps, quand elle se retrouvait sur scène et qu'elle chantait, elle avait une énergie incroyable qui se déployait.

Pauline Julien était aussi une femme sensible, particulièrement à l’égard des plus démunis. Pascale Ferland raconte que la chanteuse ne sortait jamais de chez elle sans avoir les poches pleines de monnaie à donner aux itinérants.

Engagée, mais non partisane

La cadette d’une famille de 11 enfants a baigné dans la politique dès sa plus tendre enfance. Son père, un passionné de politique, a été maire de Baie-de-Shawinigan. Son frère aîné, André, a été organisateur politique pour Maurice Duplessis, en plus de diriger la municipalité de Cap-de-la-Madeleine.

Pauline Julien a milité pour les droits des femmes et la protection des démunis, sans jamais toutefois tomber dans la politique partisane. Elle a toujours dit qu'elle ne faisait pas de politique partisane, indique Pascale Ferland. Elle se considérait plus comme une citoyenne engagée.

Un modèle pour les jeunes

Si Pascale Ferland a décidé de faire un film sur Pauline Julien, c’est beaucoup parce qu’elle voulait faire connaître cette figure emblématique du Québec aux jeunes. Des fois, j’entends des jeunes dire qu’ils ne connaissent pas René Lévesque et ça me brise le coeur en mille miettes, déplore-t-elle. Je pense que pour être capable de s’apprécier, il faut apprécier l’histoire, d’où on vient.

La cinéaste voit Pauline Julien comme un modèle de participation active à la société.

Si, dans ma vie, je fais un seul film qui peut faire oeuvre utile, j’aimerais que ce soit celui-là. Si jamais il donne le goût à une seule personne de s’activer et de faire quelque chose pour l’avenir du pays, je vais avoir fait mon travail de cinéaste.

Pascale Ferland, cinéaste

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