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Jean Drapeau : raser des quartiers au nom de la modernité

Le 15-18

Avec Jacques Beauchamp

En semaine de 15 h à 18 h

Jean Drapeau : raser des quartiers au nom de la modernité

Destruction d'une partie du Faubourg à m'lasse en 1963 pour faire place à Radio-Canada

Destruction d'une partie du Faubourg à m'lasse en 1963 pour faire place à Radio-Canada

Photo : Archives de Montréal

La construction de la nouvelle Maison de Radio-Canada n'a pas engendré d'expropriations cette fois-ci, contrairement à celle de la grande tour. En effet, tout un quartier avait été rasé à l'époque, reflet de la vision de l'urbanisme du maire Jean Drapeau, comme le rappelle l'historien Jonathan Livernois.

Dans les années 1950 et 1960, les grandes villes du monde se transformaient dans un élan de modernité. Montréal, bien sûr, n’y a pas échappé. On parle même de ''déblayage'' : on veut déblayer les taudis, illustre Jonathan Livernois.

Les voitures étaient également reines au tournant de la deuxième moitié du 20e siècle. La construction de l’autoroute métropolitaine prenait forme. Quelques années plus tard, c'était au tour de l'autoroute Ville-Marie. Initialement, on voulait qu’elle suive le tracé de la rue de la Commune, mentionne Jonathan Livernois. Autrement dit, la moitié du Vieux-Montréal aurait été rasée!

Un vent d’opposition à tous ces chantiers d’envergure commençait à se faire sentir dans les années 1970. La conservation du patrimoine urbain était réclamée par des citoyens. Le 2 décembre 1972 est paru le Manifeste pour la sauvegarde des biens culturels, signé entre autres par le cinéaste Denys Arcand et le romancier Jacques Godbout. Le manifeste est rédigé en réaction à la destruction annoncée de la prison du Pied-du-Courant, située à côté du pont Jacques-Cartier, rappelle Jonathan Livernois.

Modernité ou cupidité?

Certains bâtiments seront sauvés au fil des années, mais de 1957 à 1974, 28 000 logements ont été démolis, jetant à la rue 120 000 personnes, la plupart du temps pour des intérêts mercantiles. C’est le cas notamment des maisons qui ont été détruites sur la rue Saint-Norbert, derrière le couvent du Bon-Pasteur.

Jean Drapeau veut détruire 49 logements pour construire une voirie municipale. Les gens vont se révolter, raconte Jonathan Livernois.

Malgré une forte opposition citoyenne, les maisons ont été rasées… et le terrain laissé vacant durant 25 ans. Aujourd’hui, on y trouve des condos construits au début des années 1990.

La Ville de Montréal s'est finalement dotée d’un plan d’urbanisme en 1992.

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