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Le 15-18

Avec Annie Desrochers

En semaine de 15 h à 18 h

Louis Riel et la maladie mentale

La statue de Louis Riel à l'Assemblée législative du Manitoba

La statue de Louis Riel à l'Assemblée législative du Manitoba

Photo : Radio-Canada / Justin Fraser

On connaît bien le rôle qu'a joué Louis Riel auprès des Métis de l'Ouest canadien. Mais le chef rebelle a aussi eu des liens très étroits avec Montréal, à une période de sa vie où religion et maladie mentale se sont côtoyées, comme l'explique l'historien Jonathan Livernois.

Au milieu du 19e sièce, quelques jeunes Métis de Saint-Boniface, dans ce qui deviendra plus tard le Manitoba, ont été envoyés à Montréal pour suivre leur formation de prêtres. En 1858, il y a un jeune Louis Riel, qui était assez doué, qui s’est retrouvé au Petit Séminaire de Montréal, raconte Jonathan Livernois.

Malgré sa foi ardente, Louis Riel n’a pas terminé ses études. Il restera quelque temps à Montréal, où il sera clerc pour un avocat, puis il retournera dans son coin de pays mener les rébellions des Métis.

Louis Riel a ensuite été exilé aux États-Unis. C’est un moment où il a traversé de graves crises spirituelles, et il est très clair qu’il avait des problèmes de santé mentale, explique Jonathan Livernois. Il souffrait de certains délires. Il est même allé jusqu’à proposer une sorte de nouveau catholicisme, dans lequel le pape aurait été Ignace Bourget, l’évêque de Montréal, et où tous les croyants auraient été des prêtres.

Ses amis réussiront à l’envoyer à Montréal pour se faire soigner à l'asile de la Longue-Pointe, qui deviendra plus tard l’Hôpital Louis-H.-Lafontaine, aujourd'hui l'Institut universitaire en santé mentale de Montréal.

De retour dans l’Ouest, Louis Riel sera à nouveau mêlé à des rébellions métisses, mais cela signera son arrêt de mort.

La colère du Québec

Quelques jours après la pendaison du chef rebelle, 50 000 personnes se sont rassemblées sur le Champ-de-Mars de Montréal pour protester contre le gouvernement canadien, soit plus du tiers de la population montréalaise.

Le futur premier ministre Honoré Mercier y prononcera un discours nationaliste qui marquera l’Histoire, appelant à l’union de tous les francophones du pays.

La pendaison de Louis Riel sera aussi le dernier clou dans le cercueil du Parti conservateur québécois, qui paiera pour les décisions prises par son pendant fédéral. Il faudra attendre Maurice Duplessis avant de voir le conservatisme retrouver ses lettres de noblesse au Québec, sous un nouveau nom : l’Union nationale.

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