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Crise d'Octobre : des femmes peu présentes, mais qui parlent fort

Le 15-18

Avec Annie Desrochers

En semaine de 15 h à 18 h

Crise d'Octobre : des femmes peu présentes, mais qui parlent fort

La page couverture d'un journal.

L'édition du 2 mars 1971 du "Montréal Matin" où on apprend que des femmes ont pris d'assaut le banc des jurés au procès de Paul Rose.

Photo : BAnQ

« On a un peu l'impression, à tort, que les mouvements de gauche ont intégré d'emblée les mouvements de libération de la femme, que leurs luttes vont toujours de pair avec les luttes nationalistes », souligne l'historien Jonathan Livernois, qui rappelle que les femmes étaient, au contraire, peu présentes au Front de libération du Québec et dans le mouvement nationaliste de cette époque. Il y a toutefois au moins une felquiste qui aura marqué son époque et fait évoluer la société québécoise, et c'est Lise Balcer.

Dans les années 1960, le nationalisme québécois était un courant surtout porté par des hommes. Jonathan Livernois cite l’exemple de la revue Parti pris, qui était alors essentiellement rédigée par des hommes. Bien franchement, il y avait plus de femmes à Cité libre 10 ans auparavant qu’à la revue Parti pris, dit-il.

L’historien ajoute que l’autobiographie du felquiste Pierre Vallières contient même de la misogynie, notamment à cause des stéréotypes qu’il y dépeint, donc celle de la mère canadienne-française trop présente et contrôlante.

Il y a tout de même des femmes qui se sont démarquées au FLQ. Louise Lanctôt, de la cellule Libération qui a enlevé James Cross, est l'une d’elles.

Mais il y a eu aussi Lise Balcer. C’est avec elle que Paul Rose avait loué la maison qui a servi à cacher Pierre Laporte. Au moment du procès de Paul Rose, Lise Balcer a été appelée à témoigner contre lui. Elle a toutefois refusé de le faire en prétextant que si les femmes étaient trop niaiseuses pour être jurées, elle-même était trop niaiseuse pour témoigner. Cela lui a valu une peine de six mois de prison pour outrage au tribunal.

À cette époque, les femmes n’avaient pas le droit de faire partie d’un jury. Cela a changé grâce à Lise Balcer et aux sept femmes qui, lors du procès de Paul Rose, ont pris d’assaut le banc du jury pour protester contre cette injustice.

Le 17 juin 1971, quelques mois après le procès de Paul Rose, le gouvernement libéral de Robert Bourassa adoptait une loi pour permettre aux femmes d’être membres d’un jury.

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