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Crise d'Octobre : quels étaient les véritables objectifs de la Loi sur les mesures de guerre?

Le 15-18

Avec Annie Desrochers

En semaine de 15 h à 18 h

Crise d'Octobre : quels étaient les véritables objectifs de la Loi sur les mesures de guerre?

Un soldat monte la garde à une intersection du centre-ville de Montréal lors de l'entrée en vigueur de la Loi sur les mesures de guerre, en octobre 1970

Un soldat monte la garde à une intersection du centre-ville de Montréal lors de l'entrée en vigueur de la Loi sur les mesures de guerre, en octobre 1970

Photo : Associated Press

Le 16 octobre 1970, à la suite de l'adoption de la Loi sur les mesures de guerre par le gouvernement de Pierre Elliott Trudeau, des centaines de personnes ont été arrêtées partout au Québec, mais surtout à Montréal. Depuis 50 ans, toutes sortes de théories ont été émises pour expliquer comment les autorités en sont venues à suspendre les droits individuels. S'il peut être difficile de s'y retrouver, il existe heureusement des sources relativement objectives auxquelles se fier et c'est à l'aide de celles-ci que l'historien Jonathan Livernois tente de répondre à cette question : quels étaient les véritables objectifs de la Loi sur les mesures de guerre?

Jonathan Livernois se base notamment sur un rapport émis en 1980 par un jeune avocat pour le compte du ministère de la Justice. Encore aujourd’hui, le rapport Duchaîne est considéré comme une source fiable pour comprendre la crise d’Octobre.

À la lumière de celui-ci, on constate que la police de Montréal a été le premier élément de la chaîne qui a mené à l’adoption de la Loi sur les mesures de guerre, comme l’explique Jonathan Livernois : On veut retrouver Pierre Laporte et James Cross, et la police de Montréal est complètement débordée. La panique et le stress s’installent, et c’est très largement le stress de la police de Montréal qui va être transféré au gouvernement, aux paliers provincial et fédéral.

Mais, dès le 3 octobre, la Gendarmerie royale du Canada avait dressé une liste de 497 noms de sympathisants soupçonnés du Front de libération du Québec (FLQ). Il serait difficile de dire, comme le gouvernement fédéral l’a longtemps soutenu, que Trudeau et compagnie n’ont fait que répondre aux demandes d’aide du gouvernement Bourassa et du maire Drapeau, affirme Jonathan Livernois. Et ce n’est pas vrai que le gouvernement fédéral a été déstabilisé devant la liste des personnes arrêtées, comme si la police de Montréal avait fait du zèle.

Parmi toutes les personnes qui ont été arrêtées, 85,7 % ont été libérées sans accusations au bout de quelques jours ou d'un mois. Parmi les personnes qui ont été accusées, 95 % ont été déclarées non coupables ou ont vu leurs accusations abandonnées.

Qu’est-ce qu’on retient de ça, de la manière la plus objective possible? D’abord, sur le plan policier, ça a été un échec monumental, parce qu’on n’a pas réussi à trouver plus rapidement les deux kidnappés. Ensuite, la crise a servi de prétexte à une répression d’envergure et elle a fourni l’occasion de manipuler l’opinion publique à des fins politiques, soit mater le souverainisme. Ça, c’est le rapport Duchaîne qui le dit.

Malgré tout, le Parti québécois a réussi à se faire élire, six ans plus tard. Preuve, je pense, que l’opération n’a pas fonctionné, souligne Jonathan Livernois. René Lévesque est peut-être celui qui a tué le FLQ et la violence qui y était associée.

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