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Les hauts et les bas de la bicyclette à Montréal

Le 15-18

Avec Karyne Lefebvre

En semaine de 15 h à 18 h

Les hauts et les bas de la bicyclette à Montréal

Un groupe d'amis se reposent à côté de leur vélo en 1942.

Un groupe d'amis se reposent à côté de leur vélo en 1942.

Photo : Bibliothèque et Archives nationales (BAnQ) / Conrad Poirier

L'engouement des Montréalais pour la bicyclette ne date pas d'hier. À Montréal et ailleurs, les années 1890, qu'on surnomme la décennie du bicycle boom, sont caractérisées par un enthousiasme considérable pour ce moyen de transport. Pour sa chronique d'histoire, Maude Bouchard-Dupont s'intéresse à l'histoire du vélo et aux débuts du cyclotourisme.

Cette frénésie pour le vélo s’explique en partie par l’arrivée sur le marché de la « bicyclette de sécurité », le premier modèle muni d’une chaîne liant le pédalier et la roue arrière et d’un système de freinage. Celle-ci remplace le fameux grand-bi, cette bicyclette munie d'une très grande roue avant, qui était plutôt dangereuse. L’invention du pneumatique en 1888, un pneu de caoutchouc doté d’une chambre à air qui permet de circuler plus confortablement sur les routes cahoteuses, rend aussi la bicyclette plus attrayante. « La bicyclette cesse alors d’être une excentricité ou un phénomène de foire pour prendre une fonction plus utilitaire et récréative », explique Maude Bouchard-Dupont. Toutefois, elle reste très chère, soit environ 100 $, l’équivalent de 2500 $ aujourd’hui.

Carte du vélo dans le grand Montréal, en 1897.

Carte du vélo dans le grand Montréal, en 1897.

Photo : Bibliothèque et Archives nationales du Québec (BAnQ)

Après l’engouement, le déclin

La bicyclette connaît un déclin causé par le rationnement du caoutchouc durant la guerre. Alors qu’il y a seulement certaines personnes autorisées à acheter des bicyclettes – les messagers, les instituteurs, les médecins ou les curés, par exemple –, la production de bicyclettes neuves est presque nulle. Dans les années 1950-1960, avec la montée de l’automobile, la bicyclette est reléguée aux oubliettes, bien qu’elle soit toujours utilisée pour les livraisons en ville.

Ce n’est qu’au début des années 1970, que le vélo vit un nouveau boom. Entre 1970 et 1972, comme les modèles sont abordables pour tous les âges, 2 millions de vélos sont vendus au Canada. Puisqu’il n’y a pas encore de pistes cyclables et que la circulation est difficile en ville, des associations militantes, comme Le Monde à bicyclette, vont multiplier les actions dès 1975. D’autres associations, comme Vélo Québec (anciennement la Fédération cyclotouriste provinciale), n’encouragent pas le vélo en ville. « Pour [ces associations], la définition du cyclisme, c’est de mettre son vélo sur la voiture et d’aller faire du vélo à la campagne. Finalement, ces visions du cyclisme vont se rejoindre à un certain point », ajoute la chroniqueuse.

Par la suite, des innovations sportives en matière d’équipement, tout comme des infrastructures développées pour le cyclotourisme, l’établissement d’un réseau de pistes cyclables ou encore le vélo-partage, vont faciliter la pratique du cyclisme, que ce soit à des fins utilitaires ou récréatives. « Notre pratique du cyclisme aujourd’hui est tributaire de ces années de militantisme et d’effervescences des années 1970-1980. »

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