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Coronavirus : le développement de remèdes, expliqué par Charles Tisseyre

Le 15-18

Avec Annie Desrochers

En semaine de 15 h à 18 h

Coronavirus : le développement de remèdes, expliqué par Charles Tisseyre

Une femme fait des manipulations en laboratoire dans le cadre de travaux visant à mettre au point un vaccin.

Une scientifique de l’entreprise Artcurus Therapeutics travaille au développement d’un vaccin contre la COVID-19 dans un laboratoire de San Diego, aux États-Unis, le 17 mars 2020.

Photo : Reuters / Bing Guan

L'animateur Charles Tisseyre explique le processus par lequel les scientifiques réussissent à faire commercialiser un vaccin ou un médicament. Cela permet de comprendre pourquoi il faut attendre si longtemps avant de voir apparaître un remède à la COVID-19.

Développer un vaccin ou un médicament prend du temps. Comme on va le distribuer à des millions de personnes, il faut être sûr qu’il n’est pas dangereux et qu’il est efficace, souligne Charles Tisseyre.

Avant de pouvoir être commercialisé, un vaccin ou un médicament doit d’abord être testé sur des animaux pour s’assurer qu’il ne présente pas un danger pour la santé. Ensuite, il doit être administré à quelques humains pour confirmer son innocuité et voir à quel point il peut être efficace. Si les résultats sont probants, il sera testé sur des centaines de personnes, puis des milliers, et son efficacité sera mesurée dans le temps.

De telles expérimentations demandent beaucoup de cobayes et de temps. C’est pourquoi un vaccin prend généralement de 12 à 18 mois avant d’être commercialisé.

Mais, sous la pression populaire, il arrive que les scientifiques sautent certaines étapes, avec tous les risques que cela comporte.

En ce moment, le seul vaccin contre la COVID-19 testé sur des humains est celui de Moderna, développé à Seattle. Si les chercheurs sont aussi avancés dans leurs travaux, c’est parce qu’ils ont décidé de sauter l’étape du test sur les animaux. C’est risqué de faire ça, affirme Charles Tisseyre. Mais, en ce moment, il y a une grande pression du public pour trouver une solution.

Il rappelle que, par le passé, il est déjà arrivé que des traitements soient administrés à des humains sans qu’ils aient été testés de façon rigoureuse. La molécule AZT, par exemple, a été utilisée dans les années 80 pour traiter les personnes atteintes du sida. Bien qu'elle ait montré une certaine efficacité, elle a aussi engendré d’importants effets secondaires.

Dans le cas de la COVID-19, il y a la chloroquine qui est maintenant administrée à certains patients, même si la preuve de son efficacité repose, pour l'instant, sur une étude à la méthodologie déficiente, selon Charles Tisseyre.

L’animateur mentionne qu’il existe des moyens d’accélérer le processus de développement d’un remède sans prendre de risques. Il cite l’exemple de l’Institut de cardiologie de Montréal, qui teste, en ce moment, la colchicine et qui a réussi à accélérer les choses en augmentant les heures de travail des employés de laboratoire et en revoyant les processus de révision à l’interne. On a pu accélérer l’aspect administratif, mais l’aspect purement sanitaire et scientifique demeure, affirme Charles Tisseyre.

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