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Le 15-18

Avec Annie Desrochers

En semaine de 15 h à 18 h

Frontenac et Dow, ces bières qui ont marqué Montréal

Publicité de la bière Dow de la première moitié du 20e siècle.

Publicité de la bière Dow de la première moitié du 20e siècle.

Photo : Courtoisie de Pierre Guillot-Hurtubise

Bien avant que les microbrasseries aient la cote, on fabriquait déjà de la bière à Montréal. Deux brasseries en particulier, aujourd'hui disparues, ont marqué l'histoire de la métropole : Frontenac et Dow. L'historien Jonathan Livernois rappelle les moments forts de ces deux entreprises brassicoles.

Frontenac, la Canadienne française

La brasserie Frontenac a été construite en 1913 par la famille Beaubien. Elle se trouvait dans l’actuel Mile-End, là où sont situés aujourd’hui les entrepôts de la Ville de Montréal.

La brasserie était un bâtiment magnifique, souligne Jonathan Livernois. J’ai vu plusieurs photos. Ça ressemblait à un château.

Illustration en couleurs montrant un énorme bâtiment doté d'une longue cheminée.

Une carte postale montrant la brasserie Frontenac

Photo : Musée Pointe-à-Callière/Fonds Christian Paquin

Pendant longtemps, la bière Frontenac a été la boisson de prédilection des Canadiens français. Elle a été commercialisée jusque dans les années 1950.

La brasserie a été démolie en 1972 lors de la construction du viaduc du boulevard Rosemont.

Dow, l’une des pires gestions de crise au Québec

La brasserie Dow a été fondée en 1790 par Thomas Dunn. D’abord située à La Prairie, elle a déménagé à Montréal et pris le nom de Dow en l’honneur de William Dow, associé de Thomas Dunn.

Selon Jonathan Livernois, la bière Dow s’est inscrite dans l’imaginaire des Québécois.

Elle a commandité, en 1935, le tout premier radio-roman québécois : Le curé de village, écrit par Robert Choquette. Elle a aussi longtemps été une commanditaire des matchs de quilles diffusés à Radio-Canada.

Maurice Richard lui-même a été représentant de l’entreprise.

Dow est aussi à l’origine du planétarium de Montréal, fondé en 1966, qui portait alors son nom.

Jonathan Livernois précise qu’à son apogée, au milieu du 20e siècle, Dow détenait 51 % des parts de marché au Québec.

Mais si on se souvient de la bière Dow aujourd’hui, c’est surtout à cause du scandale sanitaire auquel elle a été associée.

Dans les années 60, une cinquantaine de travailleurs de la Basse-Ville de Québec ont été atteints d'une étrange maladie du cœur. Une vingtaine en sont morts.

Rien, à ce moment-là, ne visait la brasserie, mais elle a décidé, de son propre chef, de jeter 500 000 gallons de bière dans les égouts de la ville de Québec, raconte Jonathan Livernois.

C’est l'une des pires gestions de crise au Québec.

Jonathan Livernois, historien

On n’a jamais vraiment su ce qui avait causé la maladie des travailleurs, mais on sait que la bière Dow commercialisée à Québec contenait une plus grande quantité de sel de cobalt, un agent qui fait mousser la bière, qu'ailleurs dans la province.

La réputation de la brasserie étant durement entachée, Dow a été achetée par la compagnie O’Keefe en 1967. Elle poursuivra ses activités jusqu’en 1991.

Les bâtiments de la brasserie existent encore aujourd’hui. Une partie a été convertie en condos et une autre abrite aujourd’hui des locaux de l’École de technologie supérieure.

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