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Quand l’Université de Montréal était gérée à Québec

Le 15-18

Avec Annie Desrochers

En semaine de 15 h à 18 h

Quand l’Université de Montréal était gérée à Québec

Image en couleur montrant un imposant bâtiment doté de plusieurs fenêtres et d'un immense escalier à son entrée.

Une carte postale montrant l'Université de Montréal, à l'époque où elle relevait de l'Université Laval

Photo : BAnQ

La rivalité entre la capitale et la métropole du Québec ne date pas d'hier, et elle se manifeste dans toutes sortes de domaines, notamment en éducation. Pendant longtemps, Québec a eu le monopole de l'enseignement universitaire en français. Cela ne fait qu'un siècle que l'Université de Montréal est pleinement indépendante, comme le raconte l'historien Jonathan Livernois.

L’enseignement supérieur existe depuis 1635 au Québec. Le Collège des Jésuites a été le premier établissement d’enseignement supérieur fondé en Nouvelle-France. On se targue d’être la première institution grandiose parce que Harvard est fondée une année plus tard, en 1636, souligne Jonathan Livernois.

Le Séminaire de Québec suivra, en 1663.

À Montréal, il faudra attendre un siècle avant que les Sulpiciens fondent leur collège, dans le village aujourd’hui disparu de Longue-Pointe, situé près de l’actuel pont-tunnel Louis-Hippolyte-Lafontaine.

C’est néanmoins dans la métropole que naîtra la toute première université du Bas-Canada, en 1821 : l’Université McGill. L’enseignement s’y fait toutefois en anglais, et pour l’évêque de Montréal, Mgr Bourget, il est impératif que les francophones aient, eux aussi, accès à l’enseignement universitaire. Il milite donc auprès du gouvernement pour l’implantation d’une université francophone au Bas-Canada.

Ses pressions porteront des fruits, mais pas de la façon souhaitée. Il se fait un peu prendre au jeu, et finalement, cette université qu’il imagine provinciale, elle est établie à Québec, explique Jonathan Livernois. Autrement dit, il n’a pas de pouvoir sur cette université, et c’est l’évêque de Québec qui prend le contrôle.

C’est ainsi que naîtra l’Université Laval, en 1852.

Mgr Bourget n’abandonne pas pour autant son projet d’université francophone à Montréal. Il continue d’exercer des pressions sur le gouvernement du Bas-Canada, mais la Ville de Québec insiste de son côté pour garder le monopole de l’enseignement universitaire en français.

Les autorités finiront par proposer un compromis à Mgr Bourget : une université francophone dans la métropole, mais dirigée par l’Université Laval.

Pour Mgr Bourget, cette proposition est inacceptable : il préférera démissionner plutôt que de l’entériner.

Cela n’empêchera toutefois pas la création de l'Université de Montréal, en 1878.

La première cohorte ne compte que 86 étudiants, inscrits en médecine, en droit ou en théologie. L’université est alors située en plein cœur du Quartier latin, à l’emplacement actuel de l’Université du Québec à Montréal, mais ce n’est pas l’idéal, comme le rapporte Jonathan Livernois : C’est petit, on y est à l’étroit, il y a beaucoup d’incendies dans les laboratoires. Ils décideront donc de déménager sur la montagne.

Ce n’est qu’en 1920 que l’Université de Montréal deviendra indépendante et cessera de relever de l’Université Laval, à Québec.

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