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Ces conflits oubliés

Le 15-18

Avec Annie Desrochers

En semaine de 15 h à 18 h

Ces conflits oubliés

Les forces de sécurité dans la capitale du Burkina Faso, Ouagadougou.

Les zones frontalières du Burkina Faso sont particulièrement à risque en raison du banditisme et des enlèvements possibles.

Photo : Reuters / Stringer .

On entend souvent dire que l'on vit à l'époque la moins violente de l'histoire. « C'est vrai, si on considère les conflits armés selon la définition classique, c'est-à-dire un État contre un État ou une guerre civile avec deux ou trois camps bien identifiés », François Brousseau. Selon cette définition, on compterait entre trois et cinq conflits dans le monde. Mais il existe, dans les faits, beaucoup plus de foyers de violence sur le globe. Le chroniqueur parle notamment de trois conflits méconnus.

Le Yémen

Le Yémen est officiellement en guerre. Depuis 2015, l’Arabie saoudite bombarde les rebelles anti-régime, qui sont soutenus par l’Iran. Chaque camp a son lot d’atrocités. Alors que des rebelles détournent l’aide alimentaire destinée à la population, les autorités saoudiennes font de multiples victimes avec leurs bombardements.

Les civils se retrouvent donc pris en otage. Le conflit a fait plus de 100 000 morts, et 4 millions de personnes, soit le septième de la population, ont été déplacées.

Le Burkina Faso

Si on ne parle pas officiellement de guerre au Burkina Faso, les violences qui minent le pays n’en sont pas moins meurtrières.

Au djihad islamique qui s’étend sur toute cette région de l’Afrique s’ajoutent des tensions interethniques entre Peuls et Mossis. Les premiers sont identifiés, de façon souvent abusive, aux djihadistes parce qu’ils sont à majorité musulmane; les seconds sont identifiés à des brigades qui les combattraient d’un point de vue chrétien ou anti-islamiste, explique François Brousseau. C’est beaucoup plus complexe que ça.

Plus de 6000 personnes ont fui les violences et vivent dans des camps de réfugiés où règne la famine.

On peut parler de guérilla, avec des raids meurtriers, des commandos qui arrivent à l’aube et qui rasent un village, tuent tous les hommes, violent les femmes et prennent tout ce qu’ils peuvent, décrit le chroniqueur.

La Grèce

La Grèce n’est pas en guerre, mais l’arrivée massive de réfugiés du Moyen-Orient au cours des dernières années a donné naissance à de grandes tensions, notamment sur l’île de Lesbos. Les heurts entre migrants et population locale se multiplient. C’est une situation explosive, accentuée par l’exaspération de la population locale, souligne François Brousseau.

L’an dernier, 75 000 migrants se sont établis dans les îles grecques, soit environ 200 personnes par jour. Ces nouveaux arrivants sont contraints de vivre dans des camps de fortune.

En 2015, la population locale s’était distinguée, un peu comme en Sicile, par sa générosité, par son ouverture, par son accueil, mais aujourd’hui, elle n’en peut plus, affirme François Brousseau. Elle se sent abandonnée par l’Union européenne, qui refuse d’accepter de nouveaux réfugiés.

Le vent a commencé à tourner en Grèce lorsqu’un gouvernement de droite a été élu l’an dernier.

Il faut dire aussi que, malgré les promesses de la Turquie de restreindre l’émigration de sa population vers l’Europe, les migrants turcs continuent d’affluer en Grèce.

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