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Le 15-18

Avec Annie Desrochers

En semaine de 15 h à 18 h

Le carnaval de Montréal, théâtre de luttes entre anglophones et francophones

Quelques passants semblent minuscules auprès d'un énorme château de glace

Les palais de glace de Montréal étaient imposants. Certains étaient laissés sur place et illuminés même une fois le carnaval terminé.

Photo : Wm.Notman, 1885, Musée McCord

Bien avant Québec, Montréal avait son carnaval d'hiver, une initiative de la communauté anglophone de la métropole, mais qui a vite rallié les francophones. La bonne entente a toutefois été de courte durée, comme l'explique l'historien Jonathan Livernois.

Le carnaval a vu le jour en 1883, à Montréal. C’était très anglophone au départ, souligne Jonathan Livernois. On voulait attirer des touristes, des gens des États-Unis, notamment.

Déjà, au 19e siècle, on voulait faire du Québec une destination pour le tourisme hivernal. Il y avait une spécificité québécoise qu’on voulait démontrer, indique l’historien. On jouait sur l'imaginaire autochtone, sur l’imaginaire francophone, mais aussi sur l’appartenance à l’Empire britannique.

Cette fin de 19e siècle était aussi marquée par l’émergence du loisir. Le carnaval a donc été une occasion pour la population montréalaise de s’amuser de toutes sortes de manières : patinage, raquette, glissade, hockey, bals, etc.

Le clou de l’événement était toutefois l’attaque simulée de l’impressionnant palais de glace que l’on construisait au square Dominion. Pour l’occasion, des personnes descendaient du mont Royal et faisaient semblant d’attaquer le palais, tandis que d’autres, postées à l’intérieur, faisaient mine de le défendre.

Voyant le succès de l’événement, des hommes d’affaires francophones – car le carnaval s’adressait à la bourgeoisie, et non pas à la classe populaire – ont voulu y ajouter leur grain de sel. Un labyrinthe glacé a notamment vu le jour tout près de la basilique Notre-Dame.

Mais en même temps, on voyait le clivage : les anglophones avaient toujours la main mise sur l’organisation du carnaval, et il y avait des tensions, précise Jonathan Livernois.

À ces conflits s’ajoutaient des problèmes financiers, qui viendront à bout de l’événement en 1889.

Et cela, c’est sans compter les récriminations de l’Église catholique, qui voyait d’un très mauvais œil la participation des francophones catholiques à de telles réjouissances.

Plusieurs curés ont d’ailleurs vivement condamné la glissade, une activité qui, à leur avis, engendrait trop de rapprochements physiques.

Une foule de glisseurs profitent d'une spectaculaire piste de toboggan ancienne sous les yeux de la foule

Durant le carnaval, des omnibus ont fait la navette pour conduire les glisseurs à une spectaculaire piste de toboggan située dans le parc du Mont-Royal.

Photo : Wm.Notman & Son, 1885, Musée McCord

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