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Mourir ivre en pensant se protéger du choléra

Le 15-18

Avec Annie Desrochers

En semaine de 15 h à 18 h

Mourir ivre en pensant se protéger du choléra

Une image en noir et blanc montrant un squelette tenant une faux monté sur un chariot tiré par un cheval devant des fantômes portant le nom de différentes maladies.

Une caricature du Canadian Illustrated News représentant différentes maladies meurtrières, dont le choléra, en 1875.

Photo : Bibliothèque et Archives nationales du Québec

« La grande maladie du 19e siècle, c'est le choléra. » L'historien Jonathan Livernois revient sur les épidémies de choléra qui ont terrassé les populations nord-américaines et européennes dans les années 1800. Pendant des années, les gens ont vu mourir leurs concitoyens sans jamais savoir d'où venait la maladie.

Le choléra est une maladie plutôt récente : les premiers cas ont été détectés vers 1830. Des épidémies se sont déclarées à de multiples reprises au cours des décennies qui ont suivi.

C’est une maladie horrible, affirme Jonathan Livernois. On se déshydrate jusqu’à la mort, en quelques heures, peut-être quelques jours.

C’est en 1832 que le Québec a connu sa première vague de choléra. La maladie est arrivée à bord d’un bateau en provenance des îles britanniques. Malgré l’arrêt en règle du navire à la Grosse Île pour une période de quarantaine, des cas de choléra ont été détectés à l’arrivée du bateau à Québec. Deux jours plus tard, la maladie était déjà à Montréal.

Toutefois, selon Jonathan Livernois, c'est l’épidémie de 1854 qui est la plus intéressante, puisque c’est celle sur laquelle on détient le plus d’information.

On sait notamment que le maire de Montréal de l’époque, le docteur Wolfred Nelson, a fait imprimer, de sa propre initiative et à ses frais, une brochure pour expliquer comment se prémunir contre le choléra. Le problème, c’est qu’il n’avait aucune idée de la cause de cette maladie.

Faute d'explications, de nombreuses rumeurs ont circulé quant aux méthodes de prévention, dont l’une qui a profondément indigné l’Église catholique : l’alcool.

Dans la correspondance de l’évêque Ignace Bourget, on apprend que des citoyens consommaient de grandes quantités d’alcool, pensant à tort se protéger contre la maladie. Ils finissaient tout de même par mourir du choléra, parfois complètement ivres.

Le premier à mettre le doigt sur la cause du choléra a été le docteur britannique John Snow. Il avait remarqué dans un quartier infecté par la maladie que les travailleurs d’une brasserie avaient été épargnés. Réalisant que ces travailleurs buvaient de la bière plutôt que de l’eau, il a fini par faire un lien entre l’épidémie et une pompe à eau contaminée.

John Snow s’est occupé lui-même de détruire la pompe en question, et quelque temps plus tard, l’épidémie s’était résorbée.

Mais ça va prendre au moins 30 ans avant que les gens s’entendent pour dire que c’est l’eau qui est le vecteur de la maladie, précise Jonathan Livernois.

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