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Être écrit ou ne pas être écrit par Shakespeare? L’IA vous le dira…

Le 15-18

Avec Annie Desrochers

En semaine de 15 h à 18 h

Être écrit ou ne pas être écrit par Shakespeare? L’IA vous le dira…

William Shakespeare

William Shakespeare

Photo : AP Photo/Lefteris Pitarakis

Depuis très longtemps, on soupçonne de grands artistes de ne pas être les véritables auteurs de leurs œuvres. C'est le cas, notamment, de William Shakespeare. Plusieurs prétendent que certains passages de sa pièce Henri VIII ne sont pas de sa plume. Et un programme d'intelligence artificielle (IA) vient de le prouver, comme l'explique l'animateur Matthieu Dugal.

Au 19e siècle, l’éditeur britannique James Spedding soupçonnait que des parties de la célèbre pièce de théâtre avaient été écrites non pas par William Shakespeare, mais par John Fletcher. Il se disait que certains passages de Henri VIII sonnent comme du Fletcher, explique Matthieu Dugal. Ce qui le chicotait, ce sont des ressemblances notamment dans les mots et les expressions utilisées.

Deux siècles plus tard, un chercheur à l’Académie des sciences de la République tchèque, Petr Plechac, a décidé de trancher la question en entraînant un algorithme à reconnaître la plume de chacun des deux auteurs.

Il a fait lire à son programme cinq textes de Shakespeare et cinq textes de Fletcher en lui demandant de tout analyser : les mots, les expressions, la construction des phrases, le rythme du récit, etc.

C’est une technique très connue en intelligence artificielle, qui s’appelle l’apprentissage automatique, ou machine learning, précise Matthieu Dugal. C’est une forme d’intelligence artificielle qui permet aux ordinateurs d’apprendre sans avoir été programmés à cet effet.

Après lui avoir fait étudier les dix textes, Petr Plechac a demandé à son programme d’analyser la pièce Henri VIII pour établir qui en est le véritable auteur. Résultat : l’algorithme a attribué environ la moitié du texte à John Fletcher.

Et il l’a fait avec une telle précision qu’il a même pu déterminer que la scène 2 de l’acte III a été écrite par William Shakespeare jusqu’à la ligne 2081 et que celui-ci a repris la plume à partir de la ligne 2200. Tout le texte entre ces deux lignes est attribué à Fletcher.

Matthieu Dugal souligne toutefois qu’il existe des bémols à cette expérimentation : on ne sait pas, par exemple, si les pièces qui ont été soumises à l’algorithme pour l’entraîner ont été écrites à 100 % par les auteurs à qui on les attribue.

Même si elle en est à ses balbutiements, cette technologie pourrait avoir de nombreuses applications, selon Matthieu Dugal. Elle pourrait, un jour, permettre de détecter le plagiat. On pourrait aussi s’en servir pour transformer des textes en leur donnant le style d’un autre auteur.

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