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Annie Desrochers
Le 15-18
Audio fil du lundi 21 octobre 2019

Quand Honoré Mercier militait pour l’indépendance... du Canada

Publié le

Portrait en noir et blanc d'un homme portant une moustache.
L'ancien premier ministre du Québec Honoré Mercier, vers 1880   Photo : J.E. Livernois Photo. Québec/BAnQ

Un siècle avant le deuxième référendum sur la souveraineté du Québec, l'indépendance était déjà à l'ordre du jour au Canada. L'ancien premier ministre du Québec Honoré Mercier a été l'un des porte-parole du mouvement. L'historien Jonathan Livernois raconte comment, au cours d'un discours historique de deux heures, il a tenté de convaincre ses compatriotes de se rallier à l'idée d'un Canada libéré de son lien colonial avec la Grande-Bretagne.

Au moment de prononcer son discours-fleuve en 1893, rien n’allait pour Honoré Mercier. Alors qu’il avait remporté l’élection de 1890 haut la main, il a été plongé, l’année suivante, dans un scandale financier. Même s’il a fini par être blanchi, les accusations lui ont coûté son poste de premier ministre, le menant à la faillite. Car, évidemment, quand on est premier ministre, on peut emprunter beaucoup d’argent, et il aimait le luxe, explique Jonathan Livernois. À partir du moment où il n’est plus premier ministre, il perd tout.

Honoré Mercier a tout de même réussi à se faire réélire en 1892, dans l’opposition.

C’est dans ce contexte que, le 4 avril 1893, lors d’une soirée pour financer la construction du Monument-National à Montréal, l’ancien premier ministre a décidé de prendre la parole dans l’espoir de redorer son blason. Tout le monde se moquait de lui à cette époque, souligne Jonathan Livernois. En plus, il était très malade. Il est mort du diabète l’année suivante. C’était donc une sorte de dernier moment de gloire pour lui.

Le grand orateur a réussi à captiver la foule de 6000 personnes pendant 2 heures. Il lui a exposé les trois possibilités qu’il entrevoyait pour l’avenir du Canada : le statu quo, l’annexion aux États-Unis ou l’indépendance.

Pour lui, le statu quo était impossible, affirme Jonathan Livernois. À ses yeux, la Confédération fonctionnait, mais elle bloquait le développement économique du pays.

L’annexion aux États-Unis était une idée populaire à l’époque, et Honoré Mercier lui trouvait quelque chose de séduisant. Mais pour le politicien, la véritable voie d’avenir de son pays était l’indépendance pleine et entière. Il rêvait d’une république maîtresse de sa destinée et n’ayant plus de comptes à rendre à la métropole britannique.

Un discours qui lui a valu les acclamations de la foule, mais dont les espoirs ne se sont jamais réalisés.

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