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Les débats, une tradition montréalaise de plus d’un siècle

Le 15-18

Avec Annie Desrochers

En semaine de 15 h à 18 h

Les débats, une tradition montréalaise de plus d’un siècle

Audio fil du lundi 14 octobre 2019
Le chef du Parti libéral, Justin Trudeau, et le chef conservateur, Andrew Scheer.

Passe d'armes entre le chef libéral, Justin Trudeau, et le chef conservateur, Andrew Scheer

Photo : La Presse canadienne / Chris Wattie

Au 19e siècle, il fallait bien trouver le moyen de meubler les longues et froides soirées d'hiver. L'un des divertissements privilégiés par les Montréalais et les Montréalaises à cette époque était d'assister à des débats et des conférences, au grand dam de l'Église, comme l'explique l'historien Jonathan Livernois.

En 1844, après le tumulte causé par les rébellions des patriotes, des médecins, des notaires, des avocats et des marchands ont décidé de se réunir pour échanger sur l’avenir du pays. Ils ont ainsi fondé l’Institut canadien de Montréal, lieu de débats et d’idées. On peut comparer l’Institut de Montréal à une petite université, mais en même temps à une maison de la culture, affirme Jonathan Livernois.

Entre 1845 et 1880, plus de 650 conférences publiques ont été tenues à travers le Bas-Canada. En moyenne, 200 personnes y assistaient, hommes comme femmes. Si la plupart des conférenciers étaient des hommes, deux femmes ont eu l’honneur de tenir ce rôle dans l’histoire de l’Institut canadien de Montréal.

Mais l’Institut canadien était bien plus qu’un lieu d’échanges : c’était aussi un lieu de savoir. L’édifice abritait une collection de 10 000 volumes que les membres pouvaient emprunter à leur guise, à une époque où il existait encore peu de bibliothèques publiques francophones.

Le problème, c’est que ces volumes, ce sont aussi des idées, et les idées, ça fait peur à l’Église catholique, souligne Jonathan Livernois.

Comme la collection contenait des livres mis à l’Index, l’Église a condamné l’Institut canadien de Montréal, qui a perdu le cinquième de ses membres en 1858. Cela a eu pour effet de radicaliser l’établissement, qui est alors devenu libéral et farouchement anticlérical. C’est devenu la bête noire de monseigneur Bourget, qui était à cette époque l’évêque de Montréal, raconte l’historien Jonathan Livernois. Il est allé jusqu’à Rome pour demander que les documents de l’Institut canadien de Montréal soient mis à l’Index. Il a tiré sur une mouche avec un bazooka.

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