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Annie Desrochers
Audio fil du mercredi 13 juin 2018

Le coureur des bois, commerçant d’abord et avant tout

Publié le

Des Autochtones et des coureurs des bois discutent autour d'un repas en forêt.
"Radisson et Des Groseillers établissant le commerce des fourrures dans le Nord-Ouest, 1662" (peinture d'Archibald Bruce Stapleton datant du 20e siècle)   Photo : Musée McCord

« Les coureurs des bois ne portent pas en eux un idéal social ou un idéal national; ce sont essentiellement des commerçants, au plus fort la poche », affirme l'historien Jean-François Nadeau.

Il rappelle que bon nombre d’entre eux se tournent vers les Anglais, car ce sont eux les plus offrants.

Jean-François Nadeau fait remarquer que, pendant plusieurs siècles, on a mis en opposition le colon de la Nouvelle-France, sédentaire et agriculteur, et le coureur des bois, aventurier. « Le coureur des bois a été idéalisé à partir du 19e siècle, surtout dans une volonté de construire une espèce de roman national où on a l’aventurier capable de nous projeter à travers un nouveau territoire », explique-t-il.

« On a facilement oublié à quel point ils sont maudits par l’administration locale », ajoute l’historien. Il mentionne que des édits émis à l’époque de la Nouvelle-France interdisent aux habitants de chasser à plus d’une certaine distance de leur maison et de quitter leur domicile pour les bois pendant plus de 24 heures.

Une loterie sera même organisée pour délivrer des permis à ceux qui souhaitent séjourner plus longtemps en forêt.

Le plus important commerce en Amérique du Nord

Jusqu’au début du 19e siècle, le commerce de la fourrure occupe une place énorme dans l’économie de la Nouvelle-France, et Montréal en est la plaque tournante, indique Jean-François Nadeau.

Entre 1672 et 1700, de 600 à 1000 personnes travaillent dans le commerce des fourrures, dans une colonie qui compte quelques milliers d’individus. Beaucoup de gens en dépendent. En 1755, à la fin de la guerre de la Conquête, ce sont 4000 personnes qui vivent de cette industrie, alors que l’on compte entre 50 000 et 60 000 habitants en Nouvelle-France.

« On estime que, jusqu’au 19e siècle, jusqu’à la fin du commerce des fourrures qui passe par la Nouvelle-France, il y a plus ou moins 10 000 personnes qui seront engagées pour franchir ces barrières d’eau pour accéder à des pays lointains », précise Jean-François Nadeau.

Le déclin

Le commerce de la fourrure est une industrie qui dépend de la mode, et rien n’est plus volatile que la mode, souligne l’historien.

À partir de 1820, il n’y a plus que 5 % des fourrures qui sont traitées autour de Montréal, mais cela représente quand même une importante quantité, mentionne Jean-François Nadeau.

Et puis, en 1867, ce sera le triomphe du chemin de fer, et le bois et le blé prendront la place de la fourrure dans l’industrie canadienne.

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