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Annie Desrochers
Audio fil du mercredi 11 avril 2018

Révolte au Collège de Montréal : prélude à la rébellion des Patriotes

Publié le

Dessin en noir et blanc d'un énorme bâtiment formant la lettre H et doté de nombreuses fenêtres.
L'ancien Collège de Montréal, situé rue Saint-Paul, où a eu lieu la révolte des étudiants de 1830.   Photo : Les Prêtres de Saint-Sulpice de Montréal

En 1830, alors que le Parti patriote cause tout un remue-ménage au Parlement du Bas-Canada, le vent révolutionnaire souffle aussi dans les classes du Collège de Montréal et y attise le feu de la rébellion, raconte l'historien Jean-François Nadeau.

« C’est intéressant, je trouve, de voir à quel point, dans l’histoire de l’éducation, on a parfois des reflets très forts de ce qui se passe dans nos sociétés », affirme-t-il.

À l’automne 1830, les élèves du Collège de Montréal décident qu’ils en ont assez de l’oppression de leurs supérieurs, les Sulpiciens, et demandent la fin des punitions corporelles. « Il y a, semble-t-il, un régime discrétionnaire qui ne doit pas être très loin du régime pénitencier pour ces étudiants-là », souligne Jean-François Nadeau.

Partisans de l’autodétermination et détracteurs de la monarchie, les étudiants installent sur l'édifice le drapeau républicain, symbole de la Révolution française, et pendent en effigie l’un de leurs supérieurs à sa façade.

Les Sulpiciens, pour la plupart formés en France ou par des Français, sont, de leur côté, de farouches monarchistes, comme l’explique Jean-François Nadeau : « Ils ne conçoivent pas qu'on puisse vouloir décider de la façon dont on est gouverné. Pour eux, c’est un monde royaliste qui s'impose. Ce sont des royalistes qui regrettent fortement l’Ancien Régime d’avant la Révolution française. »

Ce qui se joue entre les murs du collège se joue sur la scène publique aussi.

Jean-François Nadeau, historien

Les étudiants tiendront le siège trois jours, menant de rudes négociations avec la douzaine de professeurs du collège. Ceux-ci finissent par acquiescer à leurs demandes, mais ce n’est que pour mieux sévir contre eux lorsque le calme est rétabli.

On apprend par les journaux de l’époque, dont La Minerve et La Gazette de Montréal, que les « grosses têtes » de la révolte sont expulsées de l’établissement et que certains des rebelles sont fouettés.

Le plus vieil établissement d'enseignement à Montréal

Les origines du Collège de Montréal remontent à 1767, alors qu'un premier bâtiment est construit à Longue-Pointe. Il changera d'emplacement à plusieurs reprises au cours de l'histoire, pour finalement s'établir rue Sherbrooke Ouest.

Lors de la révolte de 1830, le Collège de Montréal se trouve rue Saint-Paul. En raison de fouilles archéologiques, le bâtiment est entièrement détruit dans les années 1980.

« De nombreuses têtes fortes sont passées ici, de Louis Riel au cinéaste Pierre Falardeau », mentionne Jean-François Nadeau.

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