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L'animateur Mathieu Dugal
Audio fil du samedi 12 mai 2018

Snapchat, une application beaucoup plus sociale que narcissique

Publié le

Deux jeunes Pakistanaises se prennent en photo à Karachi.
Deux jeunes Pakistanaises se prennent en photo à Karachi.   Photo : Getty Images / Rizwan Tabassum

« L'égoportrait, dans Snapchat, ce n'est pas du tout un miroir. C'est plus une page blanche sur laquelle on va se travestir, puisque les filtres sont les équivalents des masques. Ce qui est intéressant, c'est qu'on les produit ensemble. » Laurence Allard, sociologue des usages numériques, démystifie cette populaire application de messagerie.

« Ce ne sont pas des pratiques qui sont complètement solitaires ou narcissiques. Au contraire, c’est un outil qui est utilisé de façon très sociale », ajoute-t-elle. Cette application permet aussi aux jeunes de s’autonomiser dans l’univers numérique, notamment en choisissant leur public et la durée de vie des contenus produits. C’est également une façon de se donner en spectacle.

L’idée est d’être dans le full drama, c’est-à-dire de dramatiser une vie quotidienne assez banale, parce qu’il y a cette logique d’enfermement dans sa chambre ou à l’école. Il y a cette idée que, avec ces outils connectés, il y a une théâtralisation et cette mise en scène de soi.

Laurence Allard, sociologue des usages numériques

Un outil pour rester en contact avec son cercle d’amis proches

« Avec Snapchat, on est dans les applications de messagerie sociale. On est sur des contacts interpersonnels, mais on n’est pas sur des réseaux sociaux semi-publics comme Facebook ou publics comme Twitter, explique Mme Allard. Ça permet des interactions enrichies par des photos, des graphismes et un environnement de signes qui sont assez typiques. »

On est sur des sociabilités beaucoup plus sélectives. Pour les jeunes, la sociabilité numérique s’exerce par petits cercles qui s’élargissent. Snapchat, ça va être le cercle le plus intime, le premier cercle de contacts avec qui on va interagir de façon quotidienne.

Laurence Allard, sociologue des usages numériques

Une nouvelle grammaire relationnelle

La sociologue explique que Snapchat a mis en place des outils pour inciter ses utilisateurs à échanger quotidiennement entre eux, notamment par l’entremise de la ludification des échanges.

« Snapchat a mis en place une grammaire qui va supposer que plus vous avez d’interactions avec votre ami ou votre amoureux, plus vous allez recevoir des cœurs et ensuite des flammes. Et si vous n’interagissez pas un jour, il y a un petit sablier qui apparaît. »

« Il y a cette grammaire du lien qui vient s’interposer sur la nature même du lien. On va penser les liens d’amitié et les liens amoureux en fonction de cette grammaire qui est imposée par Snapchat. C’est là où il y a un formatage des sentiments et des émotions », conclut-elle.

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