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L'animateur Mathieu Dugal
Audio fil du samedi 14 avril 2018

Le cyclisme à l’ère des données : plus qu’un simple sport

Publié le

Un cycliste en train de monter une pente asphaltée sur son vélo. En arrière-plan, on aperçoit un talus gazonné et des montagnes couvertes de feuillus.
L'arrivée de capteurs sophistiqués a grandement modifié le monde du cyclisme.   Photo : iStock / pat138241

VO2max, génération de watts, fréquence cardiaque... Non, nous ne sommes pas dans un laboratoire obscur, mais bien dans l'univers du cyclisme amateur! À l'ère des données, tout athlète du dimanche peut aspirer à la grandeur en s'inspirant des statistiques de ses coureurs professionnels favoris. Mais dans ce domaine, il faut savoir faire la part des choses, explique David Desjardins, chroniqueur à L'actualité, fondateur de l'agence de marketing de contenu La Flèche et cycliste aguerri.

Grâce aux différents capteurs offerts sur le marché, les cyclistes peuvent aujourd’hui mesurer avec précision toutes sortes de données et les comparer à celles qu'enregistrent d’autres athlètes sur les mêmes parcours.

Le but? Maximiser l'entraînement en optimisant l’effort déployé pendant celui-ci.

Les athlètes amateurs et professionnels peuvent même suivre les performances des uns et des autres grâce à des réseaux sociaux spécialisés, dont Strava, que David Desjardins utilise. D’après le chroniqueur, ces réseaux sociaux vont aujourd’hui beaucoup plus loin que le simple suivi de l'entraînement et l’accumulation des mentions « J’aime ».

« On peut recevoir des notifications chaque fois que nos amis vont faire du vélo, et même partager des données en temps réel, explique M. Desjardins. Garmin permet de savoir si on a un ami sur la route en ce moment ou à quelle distance de nous il se situe. On peut refaire la route d’un "pro" et savoir en temps réel si on est aussi rapide – ou plus rapide – que lui. »

Cyclisme et course automobile, même combat?

Mais cette mise en commun de données toujours plus précises a aussi des côtés moins glorieux. De plus en plus de cyclistes professionnels et d’analystes se plaignent que les compétitions sont moins excitantes depuis la démocratisation des capteurs.

« Si quelqu’un part en échappée [pendant une course], autrefois, on le poursuivait, mais aujourd’hui, on n’a qu’à s’installer à 330 watts pendant les 10 prochains kilomètres, illustre David Desjardins. Je sais qu’il pèse 10 kilos de plus que moi, je connais son VO2max et son chrono des trois dernières ascensions, alors c’est impossible qu’il me batte. »

L'intérêt des assureurs

Il n’y a pas que les coureurs professionnels qui se préoccupent de l’arrivée de toutes ces données. Les assureurs y voient aussi une mine d’or d’informations leur permettant de mieux évaluer le dossier de chaque client, que cela lui plaise ou non.

« Aux États-Unis, ça commence déjà à être vraiment exploité, explique M. Desjardins. C’est l’Ajusto du corps humain, avec toutes les dérives imaginables. Est-ce que vous dormez suffisamment? Si vous dormez peu, ça multiplie vos chances d’avoir des maladies cardiovasculaires ou de mourir de façon prématurée, alors je vais vous faire payer plus cher pour votre assurance vie. »

Quoi qu’il en soit, la tendance est à la multiplication des capteurs, si le sport professionnel est un indicateur de l’avenir du commun des mortels. « Toutes les équipes les utilisent, soutient David Desjardins. Il n’y a que quelques équipes de vieux Français qui marchent encore au feeling, et encore… »

Pour écouter l'émission intégrale de La sphère enregistrée à l'occasion de l'événement Web à Québec (WAQ) de la Semaine numérique de Québec, cliquez ici.

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