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L'animateur Mathieu Dugal
Audio fil du samedi 24 mars 2018

Le « capitalisme de données » enfin démasqué

Publié le

Jonathan Roberge, titulaire de la Chaire de recherche du Canada sur les nouveaux environnements numériques et l'intermédiation culturelle, dans le studio 18 de Radio-Canada
Jonathan Roberge, titulaire de la Chaire de recherche du Canada sur les nouveaux environnements numériques et l'intermédiation culturelle   Photo : Radio-Canada / Fanny Bourel

Finie la lune de miel avec Facebook? Le scandale Cambridge Analytica a sensibilisé l'utilisateur moyen de Facebook au fait que le réseau social utilise ses données personnelles à des fins capitalistes parfois dérangeantes. Ce qu'on appelle le « capitalisme de données », comme le « capitalisme de surveillance », sera maintenant observé avec suspicion, selon le chercheur Jonathan Roberge, mais ce n'est sûrement pas la fin du réseau social pour autant.

Sommes-nous à un véritable moment décisif? « Je pense que nous sommes dans un espace liminaire », dit Jonathan Roberge, titulaire de la Chaire de recherche du Canada sur les nouveaux environnements numériques et l'intermédiation culturelle (NENIC Lab) de l'Institut national de la recherche scientifique (INRS), au Centre Urbanisation Culture Société.

Nous sommes dans une zone de turbulence, mais si jamais les gens quittent massivement Facebok, ce ne sera tout de même pas la fin de ce que les sociologues appellent la plateformisation du monde. Les utilisateurs ont trop pris l'habitude d'utiliser Internet à partir de ce type de plateformes, lesquelles sont désormais nombreuses et se renouvèlent constamment. Nous allons tout simplement tous migrer vers d’autres plateformes, idéalement des plateformes plus soucieuses de protéger nos données personnelles.

Jonathan Roberge, chercheur à l'INRS

Se protéger des nouvelles formes de capitalisme

Ce que nous ne pouvons plus ignorer, selon l'analyse de Jonathan Roberge, c'est que la plateformisation du monde n'est pas neutre et qu'elle est au service d'intérêts capitalistes dont certains d'entre nous voudrons certainement nous protéger. « Les plateformes web comme Facebook, Instagram ou Netflix ne sont pas simplement des canaux de diffusion. Ce sont des espaces dans lesquels chacune de nos interactions fait l'objet de micro-prélèvements de données. Chaque interaction est une transaction. C'est ce que l'on appelle le capitalisme de données, et c'est une transformation majeure et durable du modèle commercial et transactionnel du système capitaliste qui est le nôtre. »

Le scandale Cambridge Analytica nous sensibilise aussi au caractère tentaculaire du « capitalisme de surveillance », c'est-à-dire l'utilisation de nos données à des fins de marketing et de pulblicité, pour nous offrir un produit adapté à nos besoins en fonction de la surveillance qui a été faite de nos comportements en ligne. « Jusqu'à maintenant, nous étions conscients que ce capitalisme de surveillance peut servir, par exemple, à offrir des produits de maternité à une femme enceinte, directement sur son fil Facebook, indique le chercheur. Toutefois, quand ce capitalisme de surveillance va trop loin ou sert à des volontés politiques, on risque d'être en présence d’une interférence problématique dans la vie démocratique. Nous disposons de moins d'espaces publics qui ne sont pas constamment pollués par des intérêts financiers, ceux de la Silicon Valley en particulier. »

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