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L'animateur Mathieu Dugal
Audio fil du samedi 18 novembre 2017

Robots : une occasion de se distancier d’une pensée occidentale trop humanocentriste

Publié le

Nicolas Merveille, docteur en anthropologie sociale, dans le studio 25 de Radio-Canada
Nicolas Merveille, docteur en anthropologie sociale   Photo : Radio-Canada / Coralie Mensa

Les Occidentaux perçoivent et organisent leur monde à partir de leur sentiment de supériorité sur la nature et les choses. Or, de nombreuses cultures sur la planète n'en font rien, indique l'anthropologue Nicolas Merveille. Celui-ci voit dans l'arrivée de l'intelligence artificielle et des robots une occasion de bousculer nos perspectives trop centrées sur l'humain.

Pourquoi faudrait-il qu’en mettant au point les robots et l’intelligence artificielle, l’humain impose à ces nouvelles entités un visage humain et les perçoive à l’aune de la culture occidentale? C’est la question que pose l’anthropologue Nicolas Merveille, cotitulaire de la Chaire internationale sur le cycle de vie (Polytechnique Montréal et ESG UQAM) et superviseur du projet Éthique et acceptabilité sociale de l’Internet des objets, qui est financé par la Ville de Montréal.

Des robots qui bousculent notre perception de l'humanité

Nicolas Merveille rappelle le fait que, dès les années 1950, des intellectuels de renom comme Claude Lévi-Strauss ont fait émerger l’idée que « l’humanisme est une façon triste et stérile de considérer le monde. L’humain, en se mettant au centre de tout, oublie le reste du monde vivant [et] ignore la nature, les objets et tout ce qui dépasse la condition humaine. »

Dans de nombreuses cultures, notamment chez les Autochtones au Canada, les objets sont considérés comme ayant une âme et sont respectés en cette qualité.

« La question des robots nous ramène à ces perspectives, dit Nicolas Merveille. On se demande où ranger l’intelligence artificielle dans ce vaste spectre. Il ne faudrait pas radicaliser le modèle actuel de la modernité qui place l’humain au centre de tout, mais plutôt s’ouvrir aux possibilités de transformer les catégories, d'envisager des réagencements. Mais c’est très difficile; ça ne sera pas fait du jour au lendemain. Seul le contact prolongé avec ces robots, seule l’expérimentation directe provoquera des changements, dans la durée. »

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