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Animateur Nicolas Ouellet
Audio fil du samedi 29 avril 2017

Stages non rémunérés : une zone grise de la légalité et de l'éthique

Publié le

Fannie Carrier Emond, Julie Taillon et Félix-Antoine Michaud.
Fannie Carrier Emond, Julie Taillon et Félix-Antoine Michaud.   Photo : Radio-Canada / Stéphanie Dufresne

Travailler sans être payé : c'est la réalité de près de 300 000 jeunes au Canada, qui sont embauchés pour des stages non rémunérés. « Si la personne fait un travail, elle devrait être payée », explique Me Félix-Antoine Michaud. Mais même si la loi semble claire, beaucoup de cas tombent dans une zone grise, comme lorsque le stage est crédité. Discussion sur les limites des stages non payés en compagnie de Julie Taillon, qui a fait de nombreux stages non payés, et de Fannie Carrier Émond, doctorante en psychologie.

Jusqu'à tout récemment, les internats en psychologie étaient rémunérés partout au Canada, sauf au Québec, explique Fannie Carrier Émond, qui a participé à la lutte pour que ces stages soient compensés financièrement – une lutte qui a porté fruit en 2016, après une grève de quatre mois. « Dans les internats, on fait 80 % du travail d'un psychologue; on rencontre de vrais patients, ajoute-t-elle. On permet de voir énormément de patients dans le réseau public. »

La zone grise des stages de formation
La situation est similaire pour les étudiants en enseignement. Julie Taillon, qui a étudié en enseignement de l'éducation physique et de la santé à l'Université de Sherbrooke, a dû faire quatre stages pour obtenir son diplôme, passant d'un stage d'observation à une charge complète d'enseignement. L'ampleur de la tâche peut être considérable, a-t-elle constaté à ses dépens, tant et si bien qu'elle devait parfois compter sur la flexibilité de ses superviseurs de stage pour pouvoir se rendre à son emploi rémunéré. « Ça devient rapidement épuisant », dit-elle.

Lorsque Julie Taillon a poursuivi ses études en communications, elle s'est retrouvée à faire un autre stage non rémunéré. Celui-ci n'était pas obligatoire, mais « fortement suggéré » pour se créer un réseau et pour acquérir de l'expérience. Ce type de stage est toutefois aux limites de la légalité, explique Me Michaud. « La Loi sur les normes du travail définit qui a le droit à un salaire. Quelqu'un ne pourrait pas demander d'être engagé et de faire un vrai travail sans être payé. C'est illégal, autant du côté de l'employeur que de l'employé, observe-t-il. Lorsqu'il est déterminé qu'une personne fait un travail, soit qu'elle exécute une tâche et [qu'elle] a un lien de subordination, elle devrait être payée, sauf s'il s'agit d'une formation obligatoire selon la loi. »

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