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La femelle domine chez nos proches cousins les bonobos

La nature selon Boucar

Avec Boucar Diouf

Le samedi de 6 h à 7 h
jusqu'au 23 mai

La femelle domine chez nos proches cousins les bonobos

Audio fil du samedi 30 juin 2018
Une femelle bonobo transporte son petit sur son dos.

Une femelle bonobo transporte son petit sur son dos.

Photo : iStock

De tous les grands singes, les bonobos sont les seuls qui vivent dans une hiérarchie dominée par les femelles. Si on les compare à leurs plus proches cousins, les chimpanzés, les bonobos ont des comportements qui apparaissent étrangement pacifiques. Les explications de la professeure d'anthropologie Christiane Mignault.

« C’est rafraîchissant de voir [une société de] grands singes où les femelles ont du pouvoir », observe celle qui a étudié le comportement des primates. « [Les femelles bonobos] sont beaucoup plus libres de faire ce qu’elles veulent. »

Ce qui fait la particularité des bonobos, c’est que les femelles démontrent une solidarité impressionnante, et ce, même si elles ne sont pas parentes. Elles tiennent tête aux mâles et défendent leurs petits en groupe.

Chez le bonobo, la femelle quitte son groupe natal lorsqu’elle arrive à maturité et en rejoint un autre, où elle n’a pas de liens de parenté. Elle tisse alors des liens avec d’autres femelles et se crée un réseau solidaire. « Cela va se faire beaucoup à travers des comportements sexuels », précise l'anthropologue.

Un portrait de l'anthropologue Christiane Mignault qui sourit devant un rideau foncé.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Professeure d'anthropologie, Christianne Mignault étudie les singes bonobos.

Photo : Radio-Canada / Christian Côté

« [Pour] 75 % des comportements qu’on dit sexuels, [...] leur fonction n’est pas la reproduction », précise la professeure. Ces comportements se déroulent entre femelles, entre mâles ou dans des relations hétérosexuelles.

La promiscuité permet de diminuer les tensions au sein d’un groupe de singes et même entre différents groupes. Chez les chimpanzés, une rencontre entre deux groupes inconnus de la même espèce peut au contraire rapidement devenir violente.

« Quand il y a deux groupes qui se rencontrent chez les chimpanzés, cela peut tourner au meurtre. Toutefois, chez les bonobos, on se regarde, parfois on s’évite, mais souvent on mange ensemble ou on a des comportements sexuels. Les femelles s’accouplent avec les mâles de l’autre groupe. Les mâles sont plus à la périphérie, ils ne sont peut-être pas bien contents [de la situation], mais ils font avec. »

L’environnement immédiat des bonobos a peut-être quelque chose à voir avec ce pacifisme. Vivant dans une zone isolée de la République démocratique du Congo, les bonobos trouvent une abondance de fruits dans les forêts denses de cette région, ce qui réduit la compétition pour la nourriture.

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