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Boucar Diouf
Audio fil du samedi 2 juin 2018

Les plantes sont-elles intelligentes?

Publié le

Un champ de tournesols baigné de soleil sous un ciel bleu avec quelques nuages.
Les plantes ont d'étonnantes capacités à s'adapter à leur environnement.   Photo : iStock

La question fait débat depuis de nombreuses années dans le milieu scientifique. Les plantes sont-elles intelligentes? Selon le professeur d'écologie forestière Christian Messier, bien qu'elles puissent communiquer et s'adapter aux situations les plus diverses, ces capacités ne peuvent être comparées à l'intelligence humaine ou à celle des animaux.

Des études ont démontré que les plantes pouvaient s’envoyer des signaux en produisant des composés chimiques volatils, par exemple pour avertir d’autres plantes d’un danger (comme des insectes ravageurs).

On a constaté que les racines de certaines plantes peuvent s’orienter vers une source d’eau grâce au son de l’écoulement de l’eau. On a même découvert une espèce de vigne qui pouvait se camoufler parmi d’autres espèces en produisant des feuilles qui imitaient les leurs.

Alors, malins, les végétaux? « Quand on parle d’intelligence, […] il faut savoir ce qu’on entend », tempère Christian Messier.

Bien que de nombreuses habilités des plantes témoignent d’une étonnante capacité à s’adapter, elles ne font que réagir à leur environnement, plutôt que de prendre une décision.

« [Les plantes] sont capables de mesurer ce qu’[elles] reçoivent comme lumière et comme température […] et elles sont capables de réagir, mais elles ne sont pas capables de décider réellement. »

Le professeur Christian Messier.
Le professeur Christian Messier   Photo : Radio-Canada/Vincent Martineau

La forêt empathique

Le scientifique en a surtout contre ceux qui prêteraient des sentiments bienveillants aux végétaux. La vie secrète des arbres, livre très populaire d’un forestier allemand sorti en 2015 qui traitait de la communication chez les arbres, l’irrite en particulier. Il est bourré de faussetés, selon lui.

Dans un passage du livre, on explique la relation d’entraide – à partir d'un transfert de sucres – entre de grands hêtres et d'autres, plus petits, qui peinent à grandir dans les sous-bois. L’auteur en tire une leçon pour l’espèce humaine : les plus forts devraient aider et protéger les plus petits.

Pourtant, selon Christian Messier, la compétition pour les ressources entre les spécimens est beaucoup plus visible que l’altruisme. « Ce qu’on sait, c’est que pour 1000 petits hêtres qui poussent en dessous d’un grand hêtre, il y en a un qui va survivre. »

Le professeur croit qu’il est futile de tenter d’expliquer les étonnantes habiletés de survie des plantes par le fait qu’elles posséderaient une intelligence.

« Pour moi, c’est le mot "intelligence" qui m’agace. Je ne vois pas la nécessité de parler d’intelligence chez les plantes pour accepter que ce soient des organismes complexes que l’on comprend peu et qui sont sensibles. »

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