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Boucar Diouf
Audio fil du samedi 5 août 2017

Inventer des histoires pour s’approprier les origines de son espèce

Publié le

Sur un terrain sablonneux, un squelette humain sort de la terre. On voit le crane et les bras et une partie des os des jambes.
Des ossements humain sur un site de recherche archéologique.   Photo : iStock / wellphoto

La paléoanthropologie est une science relativement récente. C'est au milieu du 19e siècle que l'homme a commencé à s'intéresser aux ossements afin de mieux comprendre l'évolution humaine. Mais souvent influencés par la religion et la culture raciste, certains pays ont inventé ou altéré les faits de certaines découvertes afin de satisfaire leur fantasme d'une race supérieure, qui ne prendrait pas ses origines en Afrique.

Pour Joël Leblanc, biologiste, paléontologue, journaliste scientifique et fondateur de Zapiens, l’une des plus grandes supercheries a été produite par l’Angleterre. En 1912, on y annonçait la découverte de ce qu’on appelle l’homme de Piltdown. Il s’agissait de quelques fragments d’un crâne assez large et d’un bout de mâchoire. L’Angleterre s’est alors enorgueillie d’une trouvaille qu’elle estimait vieille de 500 000 ans.

L’humain n’était même pas encore sorti de l’Afrique il y a 500 000 ans.

Joël Leblanc

La grande capacité crânienne du spécimen laissait à croire qu’il s’agissait d’un ancêtre très intelligent, permettant ainsi aux scientifiques du temps de remonter plus loin qu’aux origines ethniques considérées alors comme inférieures, comme celles africaines, asiatiques ou amérindiennes. En 1959, grâce à la technologie nucléaire, on a pu confirmer que l’homme de Piltdown datait du Moyen Âge.

L’homme de Grimaldi ou l’évolution du préjugé négroïde
En Italie, en 1901, ont été trouvés deux squelettes d’Homo sapiens d’environ 12 000 ans. Un des deux avait un morceau de silex dans les os du dos. Le chercheur qui en a fait la découverte a conclu qu’il y avait eu violence avant la mort de ces humains, donc que les spécimens étaient nécessairement africains. Encore à cette époque, on croyait que l’humain était originaire de l’Europe.

On a considéré que c’était les premiers négroïdes qui avaient ensuite voyagé pour conquérir l’Afrique, dont l’ancêtre aurait été l’homme de Grimaldi.

Joël Leblanc

Un besoin d’appartenance
Au balbutiement de la paléoanthropologie, chaque découverte établissait un nouveau lien avec un classement de chaque groupe humain. Les cases étaient bien définies, jusqu’au jour où la recherche s’est intensifiée en Afrique, ce qui a clarifié le casse-tête de nos origines, à tous. À la question de Boucar à savoir si tout le monde a accepté le fait que l’homme moderne provient de l’Afrique, le paléontologue répond :

Je crois que dans le monde scientifique, c’est accepté à 100 %.

Joël Leblanc

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