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Boucar Diouf
Audio fil du samedi 17 août 2019

Comment l’effet de groupe peut mener à l’émeute

Publié le

Dans une foule assise, un homme torse nu qui porte un tatouage du mot Hooligan lève le bras gauche.
Un hooligan lors d'un match de soccer en Europe.   Photo : Getty Images / Lars Baron

Les émeutes de la Coupe Stanley lors de la victoire des Canadiens de Montréal en 1993, tout comme les actes violents des hooligans dans les stades de soccer en Europe, représentent des cas de psychologie de groupe. Pour quelle raison de simples individus formant un grand groupe perdent-ils la tête et se mettent-ils à tout détruire sur leur passage? « C'est comme si les gens perdaient une partie de leur identité personnelle », indique la psychologue sociale Catherine Amiot.

Lors de tels débordements, un phénomène de « désindividualisation », comme le dit si bien la chercheuse, survient. Une fois devenus anonymes dans la foule, les gens sentent qu’ils ne seront pas repérés dans le groupe et qu’ils peuvent donc adopter des comportements antisociaux.

Dès lors, l’identité individuelle est remplacée par une identité collective, « et dans nos sociétés individualistes, on a tendance à oublier comment les phénomènes collectifs et de groupe peuvent être forts », rappelle Catherine Amiot.

Un groupe est plus que la somme de tous les individus qui le composent, poursuit la chercheuse. Des phénomènes peuvent émerger du groupe, ainsi que des normes, auxquelles des gens peuvent adhérer.

Trois hommes agités tiennent un panneau de signalisation routière de la rue Sainte-Catherine Ouest à Montréal.
La victoire de la Coupe Stanley par le Canadien de Montréal le 9 juin 1993 est entachée par une violente émeute. Photo : Radio-Canada/Capture d'un reportage de l'émission Édition Magazine du 10 juin 1993

L’aspect compétitif du sport peut raviver les tensions entre les groupes d’admirateurs. « C’est un sous-groupe de gens qui ont des normes vraiment fortes », explique Catherine Amiot au sujet des bagarres et des émeutes liées au sport professionnel, tout en précisant que les policiers consultent parfois des psychologues sociaux pour contrer les manifestations.

Des gestes amplifiés par les réseaux sociaux

Sans surprise, les réseaux sociaux favorisent l’émergence de l’effet de groupe. Plus encore, des chercheurs identifient un phénomène de polarisation de groupe. Quand des individus adoptent certaines attitudes et se trouvent dans des groupes spécifiques, ces attitudes et croyances s’amplifient.

Quand les gens sont exposés de façon répétée à des messages qui confirment leurs attitudes et leurs croyances, ça consolide leurs croyances.

Catherine Amiot

Que dire à nos enfants et à nos adolescents, qui, eux, s’identifient souvent à un groupe? Comme pour les adultes, la psychologue sociale suggère qu’ils s’exposent à des perspectives différentes et qu’ils deviennent critiques devant l’information.

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