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Boucar Diouf
Audio fil du samedi 3 août 2019

La vie hivernale pleine de défis des colons de la Nouvelle-France

Publié le

Une toile représente une caravane de traîneaux tirés par des chevaux sur un pont de glace.
Le pont de glace de Québec, de Clarence Gagnon, 1920   Photo : Musée national des beaux-arts du Québec

Les colons français ont appris à la dure comment composer avec les rudes hivers de la Nouvelle-France. L'historienne Catherine Ferland, qui s'intéresse de près à l'alimentation, explique comment ils se débrouillaient jusqu'au retour des températures plus clémentes.

Les colons devaient affronter un froid plus mordant que celui de nos hivers actuels du petit âge glaciaire. « Les Premières Nations ont sauvé les premiers équipages » avec leur savoir, raconte Catherine Ferland. Après quelque temps, les colons ont rapidement appris à se débrouiller seuls.

Les transports représentaient également un défi l’hiver. Avant la finalisation du chemin du Roy, en 1737, les colons se déplaçaient régulièrement entre Montréal et Québec par les cours d’eau, les naviguant l’été, et les parcourant l’hiver lorsqu’ils étaient glacés.

L’agriculture extrême de la colonie

La survie est intimement liée à l’alimentation, et à cet effet, la contribution de l’apothicaire et scientifique Louis Hébert a été capitale dans le développement de l’agriculture de la Nouvelle-France. À son arrivée près de Québec, en 1617, il a apporté des semences européennes pour les tester, mais sa mission consistait aussi à identifier et à tester les semences autochtones. C’est ainsi que les colons ont peu à peu intégré le maïs à leur alimentation.

Le jardin de Louis Hébert et de sa compagne, Marie Rollet, comprenait des légumes racines, plusieurs variétés d’oignons, des panais, des carottes (jaunes et blanches), des radis, des céleris, des poireaux, des laitues et des herbes. Il constituait ainsi la preuve que le sol de la vallée du Saint-Laurent est fertile.

Un autre colon a enrichi la connaissance alimentaire des habitants de la Nouvelle-France : Samuel de Champlain. Dans les années 1620-1630, il possédait une ferme au Cap-Tourmente, situé à une cinquantaine de kilomètres au nord-est de Québec. L’explorateur s’est rendu compte que même si la saison végétative y est beaucoup plus courte qu’en France, les semences réussissent à tirer leur épingle du jeu.

Par contre, l’implantation de la culture du blé en Nouvelle-France a été difficile. Ce n’est qu’après les années 1630 que cette céréale a pu offrir des rendements suffisants aux agriculteurs.

Les Français ont fait quand même ce choix très européen de dire : "Non, en dépit de tout, nous, tout ce qu’on veut, c’est du blé pour faire du pain."

Catherine Ferland, historienne
Une toile représente l'intérieur d'une maison canadienne de 1886.
Horatio Walker, Intérieur de maison, 1886, Aquarelle sur papier   Photo : Musée national des beaux-arts du Québec

Le froid, utile pour conserver les récoltes

Bien sûr, il n’y avait pas de réfrigérateurs pour la conservation des aliments l’été. Les colons construisaient dans le sol des caveaux, qui devenaient ainsi des glacières bien pratiques, hiver comme été.

Ils employaient également des techniques de conservation des aliments, comme le sucrage des fruits, le salage des viandes, de certains légumes et du poisson (anguilles fumées), la déshydratation des fruits et des légumes et l’utilisation du vinaigre, ingrédient plutôt privilégié par les Britanniques.

Malgré le froid et de nombreux défis, les colons avaient plus de chance de survivre en Amérique qu’en Europe, où la noblesse possédait les forêts et les cours d’eau. Dans les colonies américaines, les territoires nouveaux étaient plus propices à la chasse et ouverts un peu plus à tous.

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