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La religion, bien ancrée chez l’espèce humaine

La nature selon Boucar

Avec Boucar Diouf

Le samedi de 11 h à midi
(en rediffusion le dimanche à 16 h)

La religion, bien ancrée chez l’espèce humaine

Audio fil du samedi 13 juillet 2019
Un groupe d'amis se tiennent par la main le temps d'une prière.

Des personnes prient ensemble.

Photo : Getty Images

La religion est une croyance à des forces ou à des êtres surnaturels, selon ce qu'affirme l'anthropologue et auteur Daniel Baril, qui se penche depuis longtemps sur ce sujet et sur la laïcité. À l'heure actuelle, des religions se portent bien, d'autres non, dont le catholicisme et l'anglicanisme : « Il y a une désaffection pour ces grandes religions actuellement, surtout aux États-Unis. Le Canada et le Québec ont connu cette vague-là avant les Américains. »

Cette hausse de désaffection pour ces deux religions ne met cependant pas en danger la foi, car de 90 à 95 % des gens sur la planète se considèrent comme croyants. « La désaffection ne veut pas dire l’incroyance », rappelle Daniel Baril.

Toutefois, l’athéisme touche de manière importante la France, l’Allemagne et les pays scandinaves. C’est le Québec qui affiche le plus haut taux au Canada.

Un homme est assis devant une table qui contient un micro.

Daniel Baril

Photo : Radio-Canada

Les États-Unis demeurent un cas d’exception, car ce pays a été fondé par des sectes fondamentalistes qui fuyaient certaines répressions en Europe. « L’idéal du croyant chrétien est à l’origine de la fondation des États-Unis. C’est resté très présent dans la culture. »

Science contre religion

« La science n’a pas à combattre la religion, mais elle peut clarifier des choses. La science n’arrivera pas à défaire des croyances religieuses », estime Daniel Baril, qui offre un exemple certes d’un autre ordre, mais ô combien éclairant : la répression politique ne peut détruire la religion. Par exemple, pendant 75 ans, en Union des républiques socialistes soviétiques (URSS), les Soviétiques ont mis au ban de la société la religion orthodoxe. Aujourd’hui, et depuis la chute de l’URSS, elle est presque la religion officielle du pays.

Un homme vêtu d'un costume religieux orthodoxe parle à un homme en veston cravate.

Le patriarche Kirill, le chef de l’Église orthodoxe de Russie, rencontre le président russe Vladimir Poutine.

Photo : Getty Images / MIKHAEL KLIMENTYEV

Pourquoi les termes « science », « religion » et « évolution » deviennent-ils explosifs lorsqu’ils sont mis ensemble? À cette question de Boucar Diouf, Daniel Baril répond que l’avancée des connaissances défait des croyances, ce qui est mal perçu du côté des religieux.

De façon particulière, la biologie est perçue comme étant très menaçante par rapport à ce qui nous reste de croyances à l’égard du surnaturel, parce qu’on est en train de commencer à expliquer pourquoi notre cerveau produit du surnaturel.

Daniel Baril

La religion, une vieille coutume

Le comportement religieux remonte à 300 000 ou à 400 000 ans, avec des traces de rituels funéraires chez l’homme de Néandertal. « Probablement que les néandertaliens avaient une conscience de l’au-delà », précise Daniel Baril.

La plus ancienne forme de contact avec le surnaturel que nous connaissons est le chamanisme, dont les premières preuves remontent à 40 000 ans.

Or, depuis l’apparition des religions, trois constantes demeurent. En premier lieu, l’altruisme ou l’empathie « est la règle d’or de toutes les religions, aussi de l’humanisme laïc […] et de toutes les sociétés : s’il n’y a pas d’empathie, il n’y a pas d’altruisme, et il n’y a pas de cohésion sociale possible ». Cependant, les religions ne privilégient pas tout le temps l’altruisme et misent plutôt sur la cohésion sociale.

En deuxième lieu, le pardon et la réconciliation sont également essentiels à la cohésion du groupe.

Enfin, la morale sexuelle fait partie de toutes les religions, mais elle existait bien avant elles, car l’interdit de l’inceste se trouve depuis toujours dans toutes les sociétés, même chez les mammifères, afin d’éviter la reproduction consanguine.

Les religions n’inventent rien. Comme la culture, elles vont seulement privilégier ou réprimer des comportements qui étaient déjà là.

Daniel Baril

Références

La grande illusion : comment la sélection naturelle a créé l’idée de Dieu, Daniel Baril, Éditions Multimondes, 2006

Tout ce que la science sait de la religion (Nouvelle fenêtre), Daniel Baril, Presses de l'Université Laval, 2018

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