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Boucar Diouf
Audio fil du samedi 29 juin 2019

Pourquoi avons-nous peur de la mort?

Publié le

Une rose rouge posée sur une pierre tombale dans un cimetière.
Une rose rouge posée sur une pierre tombale dans un cimetière.   Photo : iStock / serdjophoto

Tout le monde craint la mort, et c'est pourquoi Boucar Diouf a hésité avant d'en parler dans cette émission. L'anthropologue, fondatrice du champ des études interdisciplinaires sur la mort et professeure émérite de la Faculté de communication de l'Université du Québec à Montréal, Luce Des Aulniers, nous rassure et nous donne l'heure juste sur cette étape de notre vie.

Pourquoi la mort nous terrorise-t-elle? « C’est l’événement qui nous abolit comme être vivant, comme être humain, explique Luce Des Aulniers. La peur de la mort est un indice qui nous oblige à faire attention à la vie. »

Plus précisément, notre peur du cadavre nous pousse à résister à l’anéantissement du corps. Comment résister à cette crainte? En procréant, affirme l’anthropologue, qui précise également que dans nos sociétés très individualistes, la mort est plus difficile à accepter.

Vivre sans lendemain

Pour Luce Des Aulniers, le comportement des consuméristes, par exemple celui des YOLO (you only live once, on ne vit qu’une fois), des personnes qui profitent de la vie, est une manifestation de la crainte de la mort.

Dans notre société occidentale, la définition de la vie équivaut à l’existence, alors que pour d’autres sociétés, il y a 100 ans, il y a 1000 ans, la vie existait avant la naissance et après la mort. Si tu racornis la vie sur le petit trait d’union entre les deux fameuses dates, […] ça donne des conduites boulimiques de consommation, donc de destruction. Et à mon sens, c’est une des raisons qui ont fait qu’on a détruit la planète.

Luce Des Aulniers
Luce Des Aulniers au micro de Catherine Perrin.
Luce Des Aulniers Photo : Radio-Canada/Olivier Lalande

Les rites funéraires classiques

Avant les années 1940 dans les sociétés occidentales, le rite funéraire consistait à prendre acte de la personne de laquelle on se séparait. Ainsi, il fallait aller voir la dépouille chez les gens, dans leur demeure. L’arrivée de l’urbanisation a modifié cette habitude puisque les appartements et les maisons sont de dimensions plus modestes. Les rites funéraires se sont professionnalisés depuis.

Aujourd’hui, nous célébrons plutôt la personne disparue; sa vie, ses réalisations et ses préférences sont soulignées, et sa musique préférée est diffusée durant la cérémonie.

Cependant, Luce Des Aulniers estime que « les rites funéraires sont un lieu d’apprentissage de la réalité du destin » et que les croyances et les réflexions métaphysiques autour de la mort ont été trop réduites, surtout celles sous l’égide des religions.

Une dame porte un casque de réalité virtuelle sur la tête, avec des écouteurs.
Les rites funéraires s'adaptent aux nouvelle réalités commerciales. Il est possible, par exemple, d'utiliser la réalité virtuelle pour faciliter le deuil. Photo : Radio-Canada

Les nouveaux rites funéraires et les expositions publiques sur la mort (par exemple Le salon de la mort) ne sont pas des rituels, mais des pratiques commerciales.

Un rituel entraîne une forme de communication les uns avec les autres de façon codifiée. […] C’est une pratique qui va faire en sorte qu’on se retrouve ensemble au nom de quelque chose de commun qui va nous aspirer vers le haut.

Luce Des Aulniers

« La conduite du deuil est désormais aux mains uniquement des individus », déplore l’anthropologue.

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