•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

« On est là pour aider », rappelle un ancien policier

La matinale

Avec Martine Blanchard

En semaine de 6 h à 10 h au N.-B.,
9 h à 10 h en Atlantique (9 h 30 à 10 h 30 à T.-N.-L.)

« On est là pour aider », rappelle un ancien policier

Rattrapage du mercredi 17 juin 2020
Roch Fortin debout devant les étagères de son magasin en Colombie-Britannique où il vend des produits de l'érable.

Roch Fortin, ancien inspecteur pour la GRC dans la Péninsule acadienne

Photo : Gracieuseté

Un ancien membre de la GRC dans la Péninsule acadienne conseille aux forces policières de tendre la main à leurs communautés, mais surtout à celles des Premières Nations.

Roch Fortin s'y connaît quand il est question de réparer des pots cassés. L’ancien inspecteur a passé 32 ans dans la GRC, d'un bout à l'autre du Canada, mais aussi en Haïti et en Équateur.

Pendant trois ans il a été le grand patron de la police fédérale dans la Péninsule acadienne. Son mandat était clair. Il devait refaire l'image de la gendarmerie dans la région. Il faut dire qu’il y a eu plusieurs accrochages dans cette région au cours des années précédentes. Il y a eu les émeutes à Saint-Sauveur et à Saint-Simon lorsque des parents ont manifesté contre les fermetures d'écoles. Il y aussi eu les tensions entre les Premières Nations et les Acadiens en 1999 dans le dossier de la pêche.

M. Fortin a donc travaillé fort pour regagner la confiance des gens. « Ç’a porté ses fruits en 2009 quand la communauté d'Esgenoôpetitj était devenue un baril de poudre après la disparition de la jeune Hilary Bonnell. » Quand son corps a été retrouvé, l’inspecteur s’est rendu sur place pour réconforter la famille et la communauté.

Quand il a pris sa retraite en 2011, le chef d'Esgenoôpetitj a remis une plume d'aigle à M. Fortin, le plus grand honneur chez les Micmacs.

Roch Fortin a vécu un moment décisif lors d’une session du programme Vision Quest sur la côte ouest. Pendant cinq semaines, il a fait une excursion en canot avec des Autochtones, c’est là qu’il a appris qu'il faut investir dans les relations avec les communautés autochtones.

Juste en parler, j'ai beaucoup d'émotion à ce sujet-là. Puis j'en parle souvent du cas. Puis je me suis fait beaucoup d'amis là-bas, a confié l’ancien policier.

On doit toujours continuer à être là. Rien n'empêche un policier de faire une pêche en haute mer avec un groupe autochtone. De voir tout ce qui se passe. Le plus que tu connais. Le plus que tu travailles. C'est de comprendre puis d'apprendre, a expliqué M. Fortin.

Deux jeunes autochtones sont tombés sous les balles de policiers récemment au Nouveau-Brunswick. Pour l’ancien policier qui réside aujourd’hui en Colombie-Britannique, la situation est difficile à suivre.

Le seul conseil que je peux donner à tous les chefs de police, c'est d'aller à leur rencontre. De ne pas avoir peur et de communiquer. [...] Passer une journée ce n'est pas assez, il faut passer du temps puis comprendre et prendre un sweat lodge. Toutes ces choses-là, je pense, sont très importantes, a souligné M. Fortin.

L’ancien inspecteur rappelle qu'il faut attendre d'avoir tous les faits avant de porter un jugement. Il a une pensée pour les familles des victimes, mais aussi pour les policiers qui devront vivre avec ce geste pour le reste de leur vie. Il croit d’ailleurs que la société en demande beaucoup aux policiers.

Je peux vous garantir, avec mes liens qui restent avec la GRC, que beaucoup de policiers seraient très heureux d'avoir des services de santé mentale ou d'autres personnes pour prendre certains de ces appels-là versus avoir la GRC ou des policiers se rendre à ces endroits-là. C'est un travail d'équipe. Beaucoup de choses ont été mises sur les épaules des policiers. On est devenu des travailleurs sociaux. On est rendu des travailleurs de santé mentale. On pleure sur nos épaules. On est là pour aider, a avancé M. Fortin.

Par ailleurs, l’ancien policier continue à travailler de près avec les gens de la communauté en Colombie-Britannique. Il s’est lancé dans l’économie sociale. Son entreprise fournit du travail à neuf personnes, soit des non-voyants ou des personnes dans le besoin.

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !

Vous aimerez aussi