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Un Acadien a survécu à la guerre pour retrouver sa bien-aimée

La matinale

Avec Martine Blanchard

En semaine de 6 h à 10 h au N.-B.,
9 h à 10 h en Atlantique (9 h 30 à 10 h 30 à T.-N.-L.)

Un Acadien a survécu à la guerre pour retrouver sa bien-aimée

Audio fil du lundi 11 novembre 2019
Un vieil homme assis sur un sofa.

Georges Roy LeBlanc a été au front pendant trois mois.

Photo : Radio-Canada / Janic Godin

Georges Roy LeBlanc essaie de ne pas trop se souvenir de la guerre. Même si son histoire se termine plutôt bien, l'Acadien n'aime pas se remémorer ces moments de sa vie, mais pour le jour du Souvenir, il s'est confié au micro de Janic Godin.

Ça revient une fois de temps à temps... Ça revient. Je remercie le Bon Dieu qui me laisse tranquille pour ne pas me faire rappeler trop souvent. Ce n’est pas de quoi qui est nice de se rappeler. La guerre ce n’est pas drôle, dit d’emblée l’homme de 97 ans.

C’est en décembre 1944, le jour où il a demandé à son supérieur de lui accorder une permission pour se marier à Stella, l’amour de sa vie, qu’il a appris qu’il devait partir au front. Son commandant lui a suggéré de ne pas se marier parce que ça éviterait des inquiétudes à sa conjointe, mais aussi plusieurs complications advenant sa mort au combat. Il a donc menti à sa bien-aimée.

Là, je l’ai appelée et je lui ai dit que je m’en allais dans l’Ouest où elle ne pouvait pas venir. Je lui ai dit que j’étais là que pour un mois. Tout était correct, a confié M. LeBlanc.

Il n’avait que 22 ans. Il se souvient avoir célébré son anniversaire en Angleterre un 6 janvier.

Le fantassin a continué son périple en France, puis il a pris la route de l’Allemagne et ensuite de la Hollande. Sous le bruit des balles et des bombes, il vu ses camarades mourir au combat. Sa première journée au front, une explosion est survenue non loin de lui. Deux hommes à ses côtés sont tombés alors qu'il a lui-même été projeté à quelques pieds.

Je ne sais pas s’ils étaient morts ou blessés sérieusement, mais moi j’ai couru dans le trou pour me sauver parce que ç’a avait [explosé]. Ça m’a garroché peut-être à une dizaine de pieds. Ça m’avait [égratigné] les jambes et les bras, mais ce n’était pas rien de sérieux, se souvient-il.

Au front, tout était difficile, mais le plus difficile pour le vétéran a été la deux jours qu’il a dû passer sans eau.

On avait une bouteille qui avait de l'eau dedans. Une balle a passé à travers. C’était proche… Elle a passé à travers et elle l’a [perforé] et là je n’avais plus d’eau. Et tu ne pouvais pas boire d’eau là, parce qu’elle pouvait être empoisonnée, se souvient-il.

Il était en Hollande lorsqu’il a reçu la nouvelle que la guerre était finie. Les soldats ont immédiatement commencé à célébrer de joie.

La journée qu’on a eu la nouvelle que c’était fini, on était [heureux] par exemple. On était bien [heureux]. Tout le monde chantait et sautait en l’air. C’était fini!, a raconté M. LeBlanc.

On allait là pour se faire tuer. Si le Bon Dieu ne nous voulait pas, on passait au travers.

Georges Roy LeBlanc, vétéran

De retour en Acadie, à Memramcook, Georges Roy LeBlanc a retrouvé Stella. Le couple s’est marié, a eu 6 enfants et compte aujourd’hui 135 descendants.

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