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L’histoire insoupconnée des parcs nationaux et provinciaux de l'Alberta

La croisée

Avec Sandra Gagnon

En semaine de 15 h 30 à 18 h

L’histoire insoupconnée des parcs nationaux et provinciaux de l'Alberta

Rattrapage du mercredi 6 janvier 2021
Une rivière coule entre des collines boisées.

Le parc provincial de Dry Island Buffalo Jump, dans le centre de l'Alberta.

Photo : Alberta Parks

L'historien Stéphane Guevremont raconte la mise sur pied d'aires naturelles protégées en Alberta au siècle dernier.

Le premier parc national créé au Canada a été celui de Banff. En 1883, des cheminots qui travaillaient à la construction du chemin de fer transcanadien ont découvert un bassin d'eaux thermales dans une caverne dans les Rocheuses. De nombreux entrepreneurs ont essayé de commercialiser le site. En 1885, le gouvernement fédéral a inauguré la réserve naturelle des eaux thermales de Banff pour la protéger contre la vente, l'établissement ou le squattage. Le parc était alors le troisième parc national au monde après celui de Yellowstone aux États-Unis, fondé en 1872, et le Parc national royal de l'Australie près de Sydney, fondé en 1879.

En 1911, Ottawa a adopté une loi qui a instauré un service national consacré aux parcs, mais qui permettait encore l'exploitation minière et forestière dans les aires protégées. Finalement, en 1930, le gouvernement canadien a cimenté son effort de préservation écologique avec la Loi sur les parcs nationaux qui les protège définitivement de toute activité industrielle.

De son côté, l'Alberta a aussi développé son réseau de parcs pendant la Première Guerre mondiale. Au nom de la sécurité nationale, Ottawa avait, à l'époque, déclaré que les citoyens canadiens d'origines allemande, autrichienne, hongroise, voire même polonaise, tchèque et ukrainienne étaient des ennemis du Canada et ont été envoyés dans le premier camp de prisonniers créé dans le parc national des montagnes Rocheuses à Castle Mountain, entre Banff et le lac Louise. D'autres camps ont été érigés dans les parcs nationaux de Yoho, Revelstoke et de Jasper. Les prisonniers ont travaillé à la construction des routes et des ponts dans les montagnes.

En 1930, le gouvernement albertain a adopté la Loi sur les parcs provinciaux de l'Alberta. Au départ, cette initiative personnelle du premier ministre John Edward Brownlee servait à protéger des lieux de villégiature pour la baignade et les pique-niques en nature.

Fait intéressant, la naissance de cinq parcs provinciaux en Alberta a eu lieu en pleine période de la Grande Dépression. Les parcs nationaux en Alberta ont alors repris du service pour héberger et donner du travail à plus de 6000 chômeurs par année et pour les aider à se sortir de la crise. Ce sont eux qui ont défriché les routes, érigé des ponts de bois et des édifices dans les parcs nationaux des montagnes Rocheuses.

En 1939, au déclenchement d'une autre guerre mondiale, les parcs nationaux de l'Alberta ont regroupé, de nouveau, des objecteurs de conscience, des citoyens canadiens d'origines allemande, italienne et japonaise et des prisonniers de guerre allemands provenant des champs de bataille de l'Europe et de l'Afrique du Nord. Au total, entre 1939 et 1946, plus de 10 000 détenus ont travaillé dans les camps des parcs nationaux à Kananaskis, Banff et Jasper. Aujourd'hui, si vous empruntez la belle route panoramique 1A entre Banff et Lac Louise, ce sera grâce au travail acharné de ces prisonniers allemands.

Finalement, l'expansion actuelle des parcs provinciaux en Alberta s'est faite au début des années 1950 lorsque le gouvernement albertain a engagé du personnel à temps plein pour la première fois. On y a pavé des routes et 46 nouveaux parcs provinciaux ont vu le jour en 20 ans. Ce processus s'est poursuivi à plus petite échelle pendant les années 1970 et 1980.

Récemment, le gouvernement de Jason Kenney a annoncé une réforme des aires protégées gérées par l'Alberta, incluant la privatisation ou la fermeture de certains endroits. Devant la contestation, le gouvernement a récemment garanti que 170 sites continueraient d'être gérés comme ils le sont actuellement et qu'aucun parc ne serait fermé.

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