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Maxime Coutié
Audio fil du mardi 10 avril 2018

Encadrer les robots tueurs pour prévenir les dérives

Publié le

Un drone lors d'une séance d'essai.
Les experts craignent la multiplication de robots autonomes capables de tuer sur commande.   Photo : Associated Press / Michael Sohn

« Il faut mettre un coup d'arrêt maintenant. Il faut un cadre normatif pour éviter les pires conséquences envisageables. » L'ex officiel militaire français Emmanuel Goffi est convaincu que la communauté internationale doit mettre un frein au développement des systèmes d'armes létales autonomes, communément appelés « robots tueurs », parce que des conséquences désastreuses sont à prévoir, selon lui, si ces futures armes dotées d'intelligence artificielle devaient un jour échapper au contrôle de leurs créateurs.

En entrevue avec Jean-Sébastien Bernatchez, celui qui est également chercheur associé à la Chaire Raoul-Dandurand de l’Université du Québec à Montréal (UQAM) indique qu’il reste beaucoup de travail à accomplir avant de conclure un traité international pour bannir ce type d’armes. En effet, les experts ne s’entendent même pas encore sur la définition du concept d’autonomie dans le domaine de la robotique ni même sur ce qu’est un robot.

Toutefois, Emmanuel Goffi est convaincu que les avancées de l’intelligence artificielle permettront avant longtemps de créer des armes létales particulièrement inquiétantes pour le futur de l’humanité.

On va vers cette autonomie. Donc, la question qui se pose, c'est quel risque prend-on? Parce qu'au-delà des questions éthiques liées à l'utilisation des robots sur le champ de bataille, le risque final, c'est l'extinction de la race humaine.

Emmanuel Goffi, chercheur associé à la Chaire Raoul-Dandurand de l’UQAM

L’ex-militaire révèle qu’il faudra déployer beaucoup d’efforts avant d’en arriver à un encadrement contraignant et efficace pour éviter ces dérives potentielles. Selon lui, il y a peu de chances pour que des pays exportateurs d'armes, tels que les États-Unis et la France, se rangent derrière des arguments éthiques et s’interdisent le développement de systèmes qui représentent une manne financière énorme.

Pendant deux semaines, les membres du groupe d'experts gouvernementaux sur les technologies émergentes réfléchiront à la possibilité d'encadrer ces robots tueurs. Emmanuel Goffi est convaincu que les discussions à Genève ne porteront que peu de fruits.

Je suis très pessimiste, parce que règle générale, les normes internationales sont toujours minimales. Il y aura un texte, sans doute, mais il sera peu restrictif, non contraignant et sujet à interprétations.

Emmanuel Goffi, chercheur associé à la Chaire Raoul-Dandurand de l’UQAM

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