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L'heure de pointe Toronto/Windsor

Avec Alison Vicrobeck

En semaine de 15 h à 18 h

Le Canada affiche un bon indice d’acceptation des migrants, selon une étude

Rattrapage du mercredi 23 septembre 2020
Un groupe d'hommes et de femmes au milieu d'une route portant des bagages.

De nombreux migrants vénézuéliens ont perdu leur emploi et dans certains cas ont été expulsés de leur logement.

Photo : Getty Images / Guillermo Legaria

Une étude menée par l'institut de sondage Gallup portant sur la perception des migrants par la population, dans 145 pays du monde, a été publiée le 23 septembre. Cette étude, menée entre 2016 et 2019, met en évidence les tendances de l'opinion publique et leur évolution en 3 ans.

Le Canada est en tête de cet indice d’acceptation des migrants, suivi par l’Islande et la Nouvelle-Zélande alors que les États-Unis sont en 6e rang.

Les 3 questions que Gallup a posées aux échantillons de population portaient sur leur degré d’acceptation des migrants tout d’abord dans leur pays, puis dans leur voisinage et enfin dans leur famille. Ces mêmes questions ont été reposées 3 ans plus tard ce qui permet de déduire une tendance dans le degré d’acceptation.

On constate que les pays qui ont enregistré la plus forte baisse du taux d’acceptation sont les pays d’Amérique latine comme le Pérou, l’Équateur ou la Colombie. Pour Idil Atak, professeure agrégée au département de criminologie et à la faculté de droit de l’Université Ryerson de Toronto, cette évolution est due à la situation humanitaire au Venezuela. Plus de 5 millions de Vénézuéliens ont quitté leur pays et les pays voisins en ont accueilli 4 millions. Trop de pression sur la capacité d’accueil et d’intégration de ces pays et des infrastructures insuffisantes contribune à cette baisse notable du taux d’acceptation par la population, selon elle.

À l’inverse, dans l’expression de son opinion publique, le Canada est le pays le plus ouvert aux migrants, suivi en 6e rang par les États-Unis. Cela s'explique, nous dit Mme Atak, à la longue tradition d’immigration. De plus, le gouvernement met de l’avant l’apport des immigrants et ce discours politique influence la perception des citoyens.

Les 3 questions posées dans cette étude sont assez larges, mais il est probable que les résultats seraient différents si les questions précisaient le statut des migrants. La perception des migrants économiques n’est pas la même que celle des demandeurs d’asile ou des sans-papiers.

Photo : Radio-Canada / Christian Noel

Si, par exemple, on demandait aujourd'hui aux canadiens s'ils seraient contents d'avoir comme voisin ou comme membre de leur famille un migrant sans-papiers, je pense que les résultats seraient différents [...] On a une perception très positive des migrants économiques, surtout hautement qualifiés, mais d'autres groupes de migrants ne profitent pas de la même perception malheureusement

Idil Atak, professeure agrégée au département de criminologie et à la faculté de droit de l’Université Ryerson de Toronto

Par exemple, on a vu au Canada, au moment où des demandeurs d’asile franchissaient la frontière canado-américaine, que ceux-ci n’étaient pas bien perçus par le gouvernement ni par l’opinion publique.

Quant aux États-Unis, malgré les discours politiques de Donald Trump, très négatifs pour les réfugiés, les demandeurs d’asile et les sans-papiers, les résultats reflètent que les États-Unis sont aussi un pays d’immigration. Comme au Canada, l’immigration suit un processus planifié dont les structures fonctionnent bien, ce qui explique pourquoi les citoyens américains sont toujours favorables aux migrants.

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