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Serge Olivier
Audio fil du mardi 19 mars 2019

Amoureux de la francophonie :  Rencontre avec le crieur de l'AFO Daniel Richer

Publié le

Un homme avec un tricorne
Daniel Richer, le crieur public engagé par l'Assemblée de la francophonie de l'Ontario   Photo : L'Assemblée de la francophonie de l'Ontario

Daniel Richer est le crieur public de l'Assemblée de la francophonie de l'Ontario. Dans le cadre de sa série sur les amoureux de la langue française, lsabelle Fleury, de l'émission l'Heure de pointe, lui a parlé du métier de crieur.

En quelques mots, en quoi consiste le métier de crieur public?

C'est un ambassadeur de communauté, un porte-parole, un orchestre tout-en-un et un maître de cérémonie.

Qu'aimez-vous de la langue française?

Tout ce que j'ai fait dans ma vie a toujours eu un rapport avec l'oralité. Je viens d'une famille qui lit, qui aime la musique, la poésie et l’histoire. J'ai toujours travaillé comme maître de cérémonie, conteur, comédien ou professeur donc vraiment le côté oral des choses m'intéresse: le français est une très belle langue. Surtout, je viens d'une famille où le calembour et le jeu de mots sont un sport.

Quel rôle a joué votre famille? Vous a-t-elle inspiré pour mener votre carrière en français?

Je viens d'une famille francophone. Mes parents ne parlaient pas anglais, mais ils nous ont toujours encouragés à l’apprendre, par contre. Mon père était folkloriste et théologien. Il a enseigné pendant 47 ans. C'était un homme élégant, de lettres, mais il n'était pas sec. Il avait des couleurs, des saveurs et des odeurs qui nous transportaient dans d'autres dimensions. Quand mon père parlait ou chantait, cela venait du coeur.

Aussi, un professeur que j'avais au collège St-Alexandre, une école privée à Gatineau était l'ultime comédien-enseignant. Il n'enseignait pas l'histoire, il la vivait. Il nous faisait revivre les batailles importantes par ses contes, ses mots. C'est ce que je fais aussi.

Le métier de crieur devait être un emploi d'été et vous avez fini par en vivre. Quand avez-vous senti l'appel pour la profession de crieur?

En tant qu'artiste, on doit évoluer, trouver d'autres dimensions à son art. J'ai débuté comme comédien et professeur puis je suis devenu crieur. Maintenant, je suis le seul crieur francophone d'Amérique, mais aussi je suis devenu le crieur « sénior » d'Amérique. Cela va faire 38 ans au mois de juillet. Pendant 9 ans, c'était mon métier à plein temps donc j'étais disponible auprès de n’importe quelle communauté qui voulait une représentation.

Il y a toute une tradition derrière votre métier...

Dans les concours, une criée c'est 125 mots, c’est-à-dire une page. C’est une proclamation qui ouvre avec un « oyez ». Même les Britanniques ouvrent la criée avec le « oyez », du verbe ouïr. Dans l'ancien temps, on disait « j'ai ouï-dire ». « Oyez » c'est « entendez ».

En plus de la proclamation du manifeste franco-ontarien, à Queen's Park, quelles activités sont à votre horaire pour le jour de la francophonie et la tournée ontarienne que vous entamez?

Je vais être très occupé, j'ai des spectacles dans les écoles avec les jeunes. Je suis abénakis donc je fais aussi des voix pour des curriculums qui vont aller dans les écoles pour les Nouvelles Nations et je vais y faire des criées. C'est la première fois que je vais être impliqué dans une manifestation qui s’inscrit dans un processus de réveil pour la communauté des francophones d'ici. Je vais faire ma tournée de criées à Toronto, Ottawa, Cornwall, Sudbury, Barrie et North Bay jusqu'au 9 avril. Puis, le 9 avril, on va crier sur la colline parlementaire, à Ottawa.

Où est la relève de crieurs francophones? Y songez-vous, la préparez-vous?

J'ai un fiston qui est intéressé par le métier. Il vient avec moi, à l’occasion, quand je fais des criées. On est environ 125 crieurs au Canada, mais je suis le seul qui exerce mon métier en français... ce serait bien qu’il y ait un autre francophone aussi!

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