•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Cinq mythes sur le VIH/sida

L'heure de pointe - Acadie

Avec Amélie Gosselin

En semaine de 16 h à 18 h,
16 h 30 à 18 h 30 à T.-N.-L.

Cinq mythes sur le VIH/sida

Une femme dont on ne voit que les mains et bras qui tient un ruban rouge.

Le ruban rouge, symbole de la lutte contre le SIDA

Photo : iStock

Depuis l'apparition des premiers cas de sida, dans les années 1980, plus de 30 millions de personnes en sont mortes au monde. Des traitements sont disponibles, mais aucun vaccin pour éradiquer le virus n'existe. Et les mythes à son sujet sont toujours nombreux. Le fondateur et président-directeur général de la Clinique médicale l'Actuel, à Montréal, le Dr Réjean Thomas, discute de cinq mythes sur le VIH et le sida.

Mythe no 1 : le VIH n’est plus un problème important de santé publique au Canada

Le médecin souligne qu’au Canada il y a près de 2500 nouvelles infections chaque année. Ce qui est quand même beaucoup, selon lui.

Il y a encore des gens qui ne se font pas dépister, qui ne se font pas traiter, qui attendent à la dernière minute dans un pays riche comme le Canada et qui favorisent encore la transmission. Ce qui fait qu’on ne peut pas éradiquer le sida.

Le Dr Réjean Thomas
Le président fondateur de la Clinique médicale l'Actuel, Réjean Thomas.

Le président fondateur de la Clinique médicale l'Actuel, Réjean Thomas.

Photo : Radio-Canada / Fanny Samson

Mythe no 2 : tous les patients qui sont atteints du VIH le savent

Plusieurs personnes atteintes du VIH ne le savent tout simplement pas. Le Dr Réjean Thomas explique que 15 à 20 % des gens qui sont infectés par le VIH ne le savent pas. Oui, dans un pays riche comme le nôtre.

L’une des raisons, selon lui, est la stigmatisation entourant le VIH et le sida. L’accès aux cliniques spécialisées et aux tests de dépistage peut également expliquer ce pourcentage.

En novembre dernier, Santé Canada avait annoncé la commercialisation d’un nouveau test de dépistage du VIH à effectuer soi-même. Le médecin voit d’un bon oeil l’accès à cette nouveauté. L’arrivée de nouveaux tests, des autotests, sur le marché canadien va être intéressante. Surtout pour les gens en région, les gens qui n’ont pas le goût d’aller voir leur médecin de famille, de raconter leur vie sexuelle.

Il faut vraiment essayer d’améliorer l’accès au test, l’accès au dépistage. Que des gens n’attendent pas comme ça avec deux risques : le risque d’abord d’être très malade et le risque de transmettre la maladie.

Le Dr Réjean Thomas

Mythe no 3 : on peut transmettre le VIH même si on a une charge virale indétectable

Que signifie une charge virale indétectable?

Le traitement peut réduire la quantité du virus dans le sang d'une personne (charge virale) jusqu'à un niveau trop bas pour être mesuré par les analyses de sang courantes. Le virus devient ainsi indétectable. Les personnes vivant avec le VIH sous traitement qui maintiennent une charge virale indétectable n'ont effectivement aucun risque de transmettre le VIH à leurs partenaires sexuels.

Sources : Gouvernement du Canada (Nouvelle fenêtre)

D’entrée de jeu, le Dr Réjean Thomas mentionne la règle 90-90-90 d’ONUSIDA (Nouvelle fenêtre).Si 90 % des gens étaient identifiés, 90 % avaient accès à la trithérapie et un autre 90 % de ces gens sous trithérapie seraient indétectables, on réussirait à éradiquer le sida parce qu’il y aurait de moins en moins de cas.

Il rappelle l’importance des efforts liés au dépistage précoce et souligne que les gens atteints de la maladie se trouvent à suivre une trithérapie plus rapidement qu’il y a 20 ans.

Et on sait maintenant que le traiter rapidement va avoir un impact sur la santé de la personne. En plus, ça va avoir un impact au niveau de la santé publique.

Le Dr Réjean Thomas

Mythe no 4 : il n’y a toujours pas de vaccin contre le VIH

Près de 40 ans après les premiers cas, il n’existe toujours aucun vaccin. Le virus est très particulier, explique le Dr Réjean Thomas. Il affirme que le VIH s’attaque directement au système immunitaire.

Il ajoute que le taux de transmission est relativement faible en ce qui concerne le VIH, plus ou moins 1 % dans une relation sexuelle , précise-t-il. Le taux de mortalité du virus, par contre, est de 80 à 100 %.

Avec l’annonce récente d’un nouveau vaccin contre la COVID-19, le Dr Réjean Thomas se dit impressionné par la rapidité avec laquelle ces compagnies pharmaceutiques ont trouvé un vaccin, quelques mois après les premiers diagnostics de la maladie. C’est une première, tant mieux et peut-être que ça nous permettra d’arriver à d’autres vaccins.

Mythe no 5 : les infections transmissibles sexuellement (ITS) sont en diminution

Les ITS sont en explosion depuis plus de cinq ans. Il affirme avoir regardé de près les chiffres de sa clinique pendant la pandémie et a remarqué beaucoup plus de syphilis ou de gonorrhée que l’an dernier, même durant les mois de mars, avril et mai.

Le Dr Réjean Thomas rappelle que les conséquences des ITS non traitées peuvent être graves.

Avec les informations d’Amélie Gosselin
Un texte d’Emmanuelle Robinson

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !

Vous aimerez aussi