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L'heure de pointe - Acadie

Avec Amélie Gosselin

En semaine de 16 h à 18 h,
16 h 30 à 18 h 30 à T.-N.-L.

Six mythes sur l'autisme

Enfant autiste

Il existe plusieurs mythes au sujet de l'autisme.

Photo : iStock

Les mythes au sujet de l'autisme sont nombreux et circulent abondamment. La cheffe du Département de pédiatrie à l'Hôpital régional d'Edmundston, la Dre Nadine Kabwe, démêle le vrai du faux et nous parle de six mythes courants.

Mythe no 1 : l’autisme est une maladie

La Dre Nadine Kabwe affirme qu’il s’agit effectivement d’un mythe. Elle décrit l’autisme comme étant un trouble du neuro-développement. Ce qui veut dire que c’est une altération du cerveau qui s’est faite avant la naissance et qui va toucher la communication, les interactions sociales, mais aussi au niveau du comportement. On va avoir des enfants qui vont avoir des comportements ou des activités qui sont restreints ou répétitifs.

C’est un mythe de dire que c’est une maladie, on parlerait plus d’un trouble qui est maintenant officiellement reconnu comme un handicap.

La Dre Nadine Kabwe, pédiatre

Mythe no 2 : l’autisme est causé par un vaccin

Dans les années 1990, un gastro-entérologue britannique, Andrew Wakefield, publiait un article démontrant un lien direct entre le vaccin de la rougeole-oreillons-rubéole et l’autisme. De nombreuses autres études sont venues contredire son hypothèse et n’ont révélé aucun lien entre le vaccin et l’autisme.

De nombreuses erreurs et anomalies sont pointées du doigt dans l’article d’Andrew Wakefield et, en 2010, le journal The Lancet, qui avait publié l’étude, retire l’article.

Un bébé se fait vacciner.

Le vaccin ROR n'augmente pas le risque d'autisme, contrairement à ce que certains disent sur les réseaux sociaux.

Photo : AFP/Getty Images / FRED TANNEAU

Mais malheureusement, le mal était fait, ajoute la pédiatre, affirmant que ce mythe demeure bien ancré dans la pensée des gens.

Des études ont montré qu’il n’y a pas de liens, au contraire, les taux d’autisme avant la vaccination sont les mêmes après la vaccination et que, quand on veut faire le diagnostique de l’autisme, c’est surtout à un âge où on donne le plus souvent le vaccin, la vaccination, au alentour de 15 à 18 mois.


Mythe no 3 : les personnes autistes ne sont pas sociales

C’est complètement faux, soutient la Dre Nadine Kabwe. C’est de trouver la manière de rentrer en communication avec eux. C’est vrai que des fois le contact visuel n’est pas soutenu, mais il est présent donc ils peuvent établir un contact visuel quand on leur demande.

Elle ajoute que les personnes autistes ont la capacité de manifester des émotions. Bien qu’il peut s’agir d’un défi pour la moitié d’entre eux, l’autre moitié peut absolument ressentir des émotions et en donner aussi, précise la Dre Nadine Kabwe.

Ils peuvent aussi faire preuve de compassion et d'empathie envers les autres, mais la façon de le démontrer peut être différente, selon la pédiatre.

C’est de pouvoir comprendre les façons qu’eux nous donnent ou projettent ces émotions-là. C’est là qu’il faut que nous fassions un petit effort parce qu’ils en donnent, de l’émotion, et ils la ressentent aussi.

La Dre Nadine Kabwe, pédiatre

Mythe no 4 : les personnes autistes évitent le contact visuel et n’aiment pas se faire regarder directement dans les yeux

La Dre Nadine Kabwe explique que les enfants autistes peuvent établir un contact visuel, mais cette action ne leur vient pas aussi naturellement. Le regard a une connotation un peu négative pour eux. C’est comme s’il y avait une intrusion dans leur monde, précise-t-elle. Un regard, c’est toujours chargé d’émotions et c’est parfois difficile pour eux à gérer.

Même quand ils vont parler ou écouter, ils vont plus fixer une autre partie du corps plutôt que le regard, mais on se rend compte que lorsqu’on leur montre la façon de faire, ils sont vraiment capables d’avoir un contact visuel.

La Dre Nadine Kabwe, pédiatre

Mythe no 5 : les personnes autistes n’aiment pas être touchées

Ce n’est pas une généralité du tout et il faut apporter une nuance à cette affirmation, lance la pédiatre. Ça dépend de la personne autiste, mais du type de toucher aussi, du contact qu’on établit.

Dre Nadine Kabwe

La Dre Nadine Kabwe est la cheffe du département de pédiatrie à l'Hôpital régional d'Edmundston.

Photo : Gracieuseté/Dre Nadine Kabwe

Elle explique que certains ont une hyper sensibilité tactile. Pour eux, un simple effleurement peut être perçu vraiment de façon négative, explique la Dre Nadine Kabwe.

Par contre, d’autres vont préférer des touchers plus profonds, comme un brossage de cheveux, etc. D’autres vont vraiment avoir un bon contact.

Mythe no 6 : les personnes autistes ont des compétences exceptionnelles

La pédiatre répond tout simplement que cette idée est un mythe.

Une personne qui a des compétences exceptionnelles n’est pas forcément autiste et une personne qui est autiste n’a pas forcément des compétences exceptionnelles.

La Dre Nadine Kabwe, pédiatre

Les personnes autistes n’ont pas toutes une douance, mais certains peuvent avoir une compétence qui est un peu au-dessus de leur niveau de fonctionnement global, explique-t-elle.

On peut avoir des enfants qui, à l’âge où il faut lire, ne sont pas encore capables de lire, mais qui sont capables de faire un jeu de casse-tête avec 250 pièces. C’est cet écart qui va peut-être un peu les rendre où on va peut-être penser qu’ils ont des compétences exceptionnelles. Mais ce n’est vraiment pas une généralité, donne comme exemple la Dre Nadine Kabwe.

Avec les informations d’Amélie Gosselin
Texte web d’Emmanuelle Robinson

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