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Une exposition unique compare les violonistes aux violoneux

L'heure de pointe - Acadie

Avec Amélie Gosselin

En semaine de 16 h à 18 h,
16 h 30 à 18 h 30 à T.-N.-L.

Une exposition unique compare les violonistes aux violoneux

Rattrapage du mercredi 20 novembre 2019
Entouré de partitions de musique, un homme regarde la caméra.

Dans son exposition, Dissonances rurales, Rémi Belliveau se questionne sur les différences et les similitudes entre les violoneux et les violonistes­.

Photo : Radio-Canada / Anne-Marie Parenteau

L'artiste multidisciplinaire, Rémi Belliveau, propose une exposition unique en son genre qui explore la discordance et l'harmonie de trois grands violonistes du monde classique et traditionnel. L'artiste a superposé trois performances d'Arthur LeBlanc ( 1945 ), Yehudi Menuhin ( 1946 ) et Éloi LeBlanc ( 1976 ), toutes présentées au Monument Lefebvre de Memramcook au Nouveau-Brunswick, mais à des moments différents.

L’exposition est une oeuvre vidéo et audio de 11 minutes. Des extraits de journaux, des photos des violonistes et des partitions sur lutrins habillent le décor.

À la fois cacophonique et mélodieuse, cette juxtaposition permet au visiteur d’entendre simultanément la douceur de la musique classique interprétée par Yehudi Menuhin, le coup d’archet énergique du violoneux Éloi LeBlanc, et l’influence musicale du monde traditionnel et classique d’Arthur LeBlanc.

Un violon est exposé.

Le violon d'Éloi LeBlanc.

Photo : Radio-Canada / Anne-Marie Parenteau

L’artiste, Rémi Belliveau, qui étudie la maîtrise à l’Université du Québec à Montréal (UQAM) et qui est membre du groupe Jeunes d’Astheure, s’intéressait à l’histoire de la musique acadienne.

Il se souvient d’un témoignage d’une connaissance qui expliquait que lors du passage d’Yehudi Menuhin sur la scène du Monument Lefebvre de Memramcook, les proches de ce dernier n’avaient pas beaucoup aimé sa performance. Comme l’explique Rémi Belliveau, ils disaient que c’était chigneux et lamenteux. Ce n’était pas des reels et des jigs. Ils n’avaient pas le bagage culturel pour comprendre cette musique-là qui était la musique classique, explique Rémi Belliveau.

Suivant cette anecdote, l’artiste s’est donc mis à réfléchir sur les autres violoneux et violonistes à monter la scène du Monument Lefebvre. S’ensuivit une réflexion à savoir si la musique classique est meilleure que la musique traditionnelle, comme le pensent plusieurs. Ce serait le fun de les juxtaposer, juste voir ce que ça donne. Musicalement, c’est sûr que ça allait être dissonant, qu’il allait y avoir des choses qui ne fonctionnaient pas, que ça allait être incompatible on va dire. Mais vu que c’était le même instrument, je me suis dit qu’il faut qu’il y ait des petits moments accidentels de beauté, d’harmonie.

Le résultat de la réflexion pour l’artiste a été intéressant. C’était une métaphore pour dire que dans le fond, il n’y a pas de hiérarchie entre ces deux façons de jouer la musique. Les gens pensent que la musique classique est meilleure. Mais en quoi c’est vraiment meilleur?, questionne-t-il.

C’était pour moi une façon de valoriser le patrimoine culturel acadien.

Rémi Belliveau, artiste

Arthur LeBlanc : entre le traditionnel et le classique

Quant à Arthur LeBlanc, Rémi Belliveau a expliqué que ce violoniste acadien se trouvait au milieu du spectre, soit entre la musique traditionnelle et la musique classique. Arthur LeBlanc, c’est un Acadien qui a joué de la musique classique, mais qui a aussi composé, ça on le sait moins. Ses compositions classiques ont comme une sensibilité rurale. Il était comme entre les deux, ajoute-t-il.

Un article de journal avec comme titre «Ovation à notre grand virtuose Artur LeBlanc.

Un article d'un journal local décrit la performance d'Arthur LeBlanc.

Photo : Radio-Canada / Anne-Marie Parenteau

Selon lui, la carrière d’Arthur LeBlanc a été touchée par les circonstances économiques et politiques particulières qui secouaient le pays à l’époque. Il est venu dans un moment dans l’histoire où il n’y avait pas de fonds pour le faire vivre. Le Canada n’était pas prêt à investir de l’argent dans de grands musiciens ou musiciennes, c’était la Deuxième Guerre mondiale. Il n’a pas pu vivre sa carrière comme il l’aurait voulu, affirme Rémi Belliveau.

Il était tiraillé entre ce petit monde-là et ce grand monde-là. Je pense que c’était une des ruptures chez lui, il faisait comme le contrepoids de cette relation binaire là, traditionnel et classique.

Rémi Belliveau, artiste

L’exposition Dissonances rurales est en montre jusqu’au 15 décembre à la Galerie d’art Louise-et-Reuben-Cohen à Moncton.

Avec les informations d’Anne-Marie Parenteau

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