•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Cinq mythes sur la maladie d'Alzheimer

L'heure de pointe - Acadie

Avec Amélie Gosselin

En semaine de 16 h à 18 h,
16 h 30 à 18 h 30 à T.-N.-L.

Cinq mythes sur la maladie d'Alzheimer

Illustration d'arbres perdant leurs feuilles pour illustrer les problèmes de démence, de perte de mémoire et la maladie d'Alzheimer.

Des arbres perdant leurs feuilles pour illustrer les problèmes de démence, de perte de mémoire et la maladie d'Alzheimer

Photo : iStock

Selon la Société Alzheimer du Canada, 564 000 Canadiens sont atteints de la maladie. Et dans 15 ans, ce chiffre pourrait atteindre 937 000. L'heure de pointe Acadie déboulonne certains mythes sur la maladie d'Alzheimer avec l'ancienne professeure à l'Université McGill et chercheuse à l'Institut Lady Davis de l'Hôpital régional juif de Montréal, la Dre Andréa LeBlanc.

Mythe 1 : cette maladie affecte seulement les personnes âgées

La Dre Andréa LeBlanc explique qu’il existe deux types de maladies d’Alzheimer : la maladie familiale et la maladie sporadique.

La maladie familiale, comme le dit son nom, touche plus d’un membre de la famille. Elle explique que les gens qui ont cette maladie-là le savent parce que dans leur famille, il y a beaucoup de monde qui est atteint.

La Dre LeBlanc affirme que cette forme de la maladie est plutôt rare et que la plupart des gens avec l’alzheimer ne sont pas touchés par ce type de la maladie. Elle ajoute également que la forme familiale de l’alzheimer peut se manifester dès un jeune âge. J’ai même lu des cas de personnes à 24 ans qui avaient déjà la maladie d’Alzheimer, donne-t-elle comme exemple.

La Dre Andréa C.LeBlanc.

La Dre Andréa C.LeBlanc

Photo : Radio-Canada/Jean-Philippe Hughes

L’autre type de maladie, la maladie sporadique, c’est à peu près une personne sur dix, à 65 ans, qui souffre d’une démence, dont la majorité est la maladie d’Alzheimer.La Dre Andréa LeBlanc précise que 60 à 80% des démences sont la maladie d’Alzheimer.

Elle souligne qu’un plus grand nombre de gens dernièrement reçoivent un diagnostic dans la cinquantaine. C’est nouveau, mais on ne sait pas si c’est parce qu’on a des outils de diagnostic beaucoup plus sensibles qui peuvent détecter la maladie plus tôt ou si c’est vraiment que les gens un peu plus jeunes maintenant ont cette maladie, il faudra attendre pour voir, affirme la Dre Andréa LeBlanc.

Mythe 2 : la maladie d’Alzheimer est héréditaire

C’est faux, selon l'ancienne professeure.

Il y a une augmentation du risque d’avoir la maladie d’Alzheimer si un de nos parents à la maladie, mais le risque est faible.

Dre Andréa LeBlanc, ancienne professeure et chercheuse

Elle présente la statistique suivante : à 65 ans, une personne a 2% de chances de développer la maladie. Chez ceux et celles ayant un parent atteint par la maladie d’Alzheimer, les probabilités sont de 2,6%.

Par contre, chez les gens touchés par la forme familiale de l’Alzheimer, les chances sont plus grandes. Quand un enfant naît d’un parent qui a le gène, qui va le transmettre ou pas, il y a 50% de chances que l’enfant l’ait ou ne l’ait pas, affirme la Dre Andréa LeBlanc.

À ce moment, il est possible de faire un séquençage de l’ADN, comme ça la personne peut savoir ce qui s’en vient. Elle peut se préparer.

Les études psychologiques, selon elle, dévoilent que les gens qui apprennent qu’ils auront la maladie suite à un séquençage de l’ADN, sont plus sereins.

Mythe 3 : la perte de la mémoire fait partie du processus normal de vieillissement

Avant d’aborder cette affirmation, la Dre Andréa LeBlanc précise que la maladie d’Alzheimer ne se définit pas uniquement par une perte de la mémoire. Oui, la maladie d’Alzheimer c’est une perte de mémoire, mais il y a aussi beaucoup d’autres pertes : perte du langage, perte de la capacité d’apprendre où l’apprentissage devient extrêmement difficile. Ce n’est pas seulement une perte de mémoire.

Et en vieillissant, cette perte de la mémoire n’est pas un processus normal du tout, souligne-t-elle.

On voit les pathologies dans les cerveaux de gens qui sont atteints de la maladie d’Alzheimer et il y a plein de gens qui vivent jusqu’à 100 ans ou plus même, qui sont cognitivement intact, qui continuent à être comme avant, sauf que physiquement ils sont peut-être un peu réduits, mais ils ont encore toute leur tête. Ils sont loin d’avoir des problèmes cognitifs.

Mythe 4 : la maladie d’Alzheimer rend les gens agressifs et violents

La Dre Andréa LeBlanc confirme que c’est souvent le cas chez certains patients. C’est un peu comme les enfants de deux ans qui ne peuvent pas s’exprimer et qui pètent une crise parce qu’ils savent ce qu’ils veulent, mais ils ne sont pas capables de l’exprimer.

Les patients alzheimer, c’est probablement la même chose et probablement qu’une partie de leur anxiété et de leur stress est causé par le fait qu’ils ne peuvent pas exprimer leurs besoins.

Dre Andréa LeBlanc, ancienne professeure et chercheuse

Mythe 5 : il est impossible de traiter ou prévenir la maladie

Concernant les traitements, elle affirme qu’il existe des médicaments qui sont utilisés pour aider à traiter la maladie. Ces médicaments-là ont un effet, mais assez modeste et de courte durée. Ce n’est pas le traitement idéal, précise la Dre Andréa LeBlanc.

Elle explique qu’il est possible de ralentir l’apparition des symptômes reliés à la maladie d’Alzheimer en prenant soin de sa santé, surtout ceux et celles aux prises avec des maladies vasculaires ou le diabète. Les gens qui font de l’hypercholestérol, de l’hypertension ont tout intérêt à arrêter de fumer, s’ils fument, de bien prendre leurs médicaments pour bien gérer le côté vasculaire.

Illustration d'un cerveau humain.

Illustration d'un cerveau humain.

Photo : iStock

Le cerveau utilise 20% de l’énergie et de l’oxygène de tout le corps, et si notre système vasculaire n’est pas en bonne santé et bien, ç’a un effet direct sur le cerveau.

Dre Andréa LeBlanc, ancienne professeure et chercheuse

Le simple fait de s’occuper de sa santé, de consulter son médecin, de gérer ses problèmes de santé et de faire de l’activité physique pourraient aider. Ça n’arrêtera peut-être pas la maladie, mais ça va retarder l’apparition, précise la Dre Andréa LeBlanc.

Avec les informations d’Amélie Gosselin

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !

Vous aimerez aussi