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Jonction 11-17

Avec Éric Robitaille

En semaine de 15 h 30 à 18 h

Un chapitre franco-ontarien à la Crise d’octobre 1970

Rattrapage du mardi 20 octobre 2020
Deux photos de Gaston Tremblay

Gaston Tremblay en 2013 à gauche et à droite en 1970.

Photo :  Annick de Crufel / Cédéric Michaud

Octobre 1970. Le pays est plongé dans une crise politique engendrée par le Front de libération du Québec. À Sudbury, Gaston Tremblay, très actif au sein du mouvement identitaire franco-ontarien naissant de l'époque, s'est retrouvé interpellé par la police.

Il y a 50 ans, l’étudiant à l’Université Laurentienne et membre du mouvement de la Coopérative des artistes du Nouvel-Ontario était occupé à écrire la pièce Moi, j'viens du Nord s'tie, avec André Paiement, dans une chambre du presbytère de la paroisse Ste-Anne-des-Pins. Une visite surprise les arrête en plein processus d’écriture.

On était en train d’écrire en fumant quelques petits joints. Puis, on entend tout à coup, des coups de poing dans la porte qui donne sur l’escalier de fer. C’était insistant, et on était très inquiets [parce que l’on avait fumé], raconte le poète originaire de Sturgeon Falls.

On pensait qu’on allait se faire embarquer parce qu’on avait fumé ou qu’on était francophones, mais non, ça n’avait rien à voir.

Gaston Tremblay, poète et membre fondateur des Éditions Prise de parole

Quand la police est entrée, elle a complètement fait abstraction de la boucane. Ce qu’ils cherchaient, selon Gaston Tremblay, c’était des membres du Front de libération du Québec (FLQ).

La paroisse Saint-Anne était le point central d’arrivée des autobus et des trains. Tous les jeunes francophones qui arrivaient et ne connaissaient pas la ville se rendaient à la paroisse, explique l'écrivain.

Le journal Lambda

À l’époque, Gaston Tremblay est aussi directeur littéraire du journal Lambda des étudiants de l’Université Laurentienne. Le 8 octobre 1970, Claude Belcourt, rédacteur en chef du journal étudiant, apprend que le manifeste du FLQ vient d'être lu par la radio CKAC. Il a sauté dans l’autobus et est allé vers Montréal pendant la nuit, se remémore Gaston Tremblay.

On a publié ça sur un spécial de trois pages ! À ma connaissance, on était les seuls qui avaient fait ça au Canada, à l’extérieur du Québec.

Gaston Tremblay, poète et membre fondateur des Éditions Prise de parole
Trois pages du journal étudiant Le Lambda de l'Université Laurentienne du 15 du 22 et du 29 octobre 1970

Journal étudiant «Le Lambda» de l'Université Laurentienne (numéros du 15, 22 et 29 octobre 1970)

Photo : Radio-Canada / Thomas Gerbet

Le 15 octobre 1970, le journal Lambda des étudiants de l'Université Laurentienne de Sudbury devenait l'un des premiers et un des seuls au pays à publier le manifeste du FLQ.

La suite de son roman Le grand livre

Gaston Tremblay renoue avec les personnages Le grand livre. Dans cette autofiction parue en 2012, il relate les moments forts de son amitié avec le regretté André Paiement. L’histoire se déroule à la fin des années 1960.

C’est au début de l’année scolaire de 1970 que l’on retrouvera les personnages alors étudiants l’Université Laurentienne qui connaît une grève.

Le grand livre compte un peu moins d’une dizaine de personnages alors que le second devrait en inclure près d’une trentaine, relate l’auteur. Ces autofictions mettent en scène la jeunesse franco-ontarienne de l’époque au coeur de l'essor du mouvement identitaire du Nouvel-Ontario.

On est devenus des hommes, si vous voulez, collectivement.

Gaston Tremblay, poète et membre fondateur des Éditions Prise de parole

Gaston Tremblay envisage l'écriture d'un troisième roman qui se déroulera 50 ans plus tard dans l’époque actuelle. Il espère arrimer la parution de son deuxième tome avec l’ouverture de la Place des arts du Grand Sudbury. Ce projet le rend fier de la génération franco-sudburoise qui l’a suivi.

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