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Jonction 11-17

Avec Éric Robitaille

En semaine de 15 h 30 à 18 h

Le déclin des ventes de fourrures sauvages se poursuit

Rattrapage du mercredi 23 septembre 2020
Le trappeur est assis à une table en train de coudre des peaux de castor.

Éric Morin à l'œuvre avec ses fourrures et peaux de castors

Photo : Éric Morin

Bien que le trappage fût l'un des premiers métiers au pays, les ventes de produits de fourrures sauvages ne font plus autant fureur qu'autrefois.

Éric Morin s’intéresse à cette activité depuis maintenant sept ans. Il consacre son temps libre à cette activité qu’il juge importante, d’autant plus qu’elle aide au maintien de l’équilibre de l’écosystème.

Le piégeage permet, entre autres, le contrôle de la population de castors qui, autrement, pourrait rapidement engendrer des dommages majeurs.

Environ une vingtaine de fourrures sont étendues sur des chaises et le sol.

Une variété de fourrures. Rangée du haut : castors, en bas de droite à gauche : 1 loup, 1 lynx, 3 pékans, 2 loutres, 1 rat musqué et des mitaines de castor.

Photo : Éric Morin

Une industrie en chute

Le seul encan de fourrures sauvages en Amérique du Nord a eu lieu à North Bay. En raison de la pandémie, la ville était l’hôte de son seul encan de fourrures cette année, soit les 30 et 31 août derniers. Les restrictions sanitaires en place ont fait en sorte que seulement une trentaine de négociants canadiens étaient au rendez-vous, ce qui a largement diminué les achats par des acheteurs étrangers.

[Ce sont] souvent ceux d’ailleurs qui font monter les prix, note Éric Morin. La Chine est un gros acheteur de fourrures.

Selon les résultats annoncés par l’entreprise de vente aux enchères Fur Harvesters Auction Inc, les peaux de vison sauvage, de castor, de lynx, de loutre et de blaireau sont pour la plupart restées invendues.

Pour plusieurs espèces proposées, dont le rat musqué, la loutre et le lynx, les prix sont restés inférieurs aux moyennes déjà faibles fixées en mars.

Le PDG de Fur Harvesters, Mark Downey, affirme qu’il s’attendait à une baisse des ventes en raison de la fermeture des frontières.

Les résultats financiers n’ont pas tous été négatifs, car 90 % des peaux de renard blanc et de renard argenté, de coyote de l’Ouest et de grizzli ont été vendues à des prix égaux ou supérieurs à ceux fixés lors des précédentes ventes aux enchères de Fur Harvesters tenues en mars 2020 et en mai 2019.

Des peaux d'ours.

Les fourrures de grizzli disponibles à l'encan de la fin août se sont bien vendues.

Photo : CBC/Tracy Fuller

Les meilleurs lots parmi les loups de bois, les carcajous et les ratons laveurs se sont également bien vendus.

M. Morin fait parvenir 80 % de ses fourrures à Fur Harvesters Auction, qui elle, les revend à North Bay lors de ces encans.

Dans mon opinion, c’est un choix écologique. C’est une ressource naturelle, mais malgré tout ça, spécialement au Canada et aux États-Unis, ça devient un choix moins populaire et les prix de fourrures continuent à descendre.

Éric Morin

Pour ajouter au défi de vente de fourrures, Canada Goose n’achètera plus de nouvelles fourrures de coyote directement des trappeurs. À partir de 2022, elle utilisera des fourrures qui sont déjà sur le marché, ou encore de fourrures recyclées. La compagnie compte aussi racheter les fourrures de ses clients qui ne servent plus.

Selon l'historien spécialisé en économie de l'Université de Toronto Dimitry Anastakis, le déclin de l'industrie de la fourrure au Canada soulève des questions plus larges.

Selon M. Anastakis, il est légitime de s'opposer au commerce de la fourrure, mais indépendamment des considérations morales et éthiques, la fourrure a été un aspect essentiel du paysage canadien et une fois que la connaissance du piégeage et de la chasse à la fourrure est perdue à mesure que l'industrie s'efface, elle est difficile à remplacer.

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