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À quoi ressembleront les villes après la crise sanitaire?

Jonction 11-17

Avec Éric Robitaille

En semaine de 15 h 30 à 18 h

À quoi ressembleront les villes après la crise sanitaire?

Rattrapage du mardi 26 mai 2020
Une serre où on y fait pousser des légumes.

Les maisons de l'avenir pourrait tous être équipées de serres.

Photo : Unsplash

Pendant des siècles, l'aménagement des villes s'est adapté en fonction des théories de l'époque pour contrer les épidémies de tuberculose, de la peste ou du choléra. Est-ce que la pandémie actuelle pourrait redessiner notre espace urbain?

Aliki Economides, qui enseigne l’histoire de l’architecture et l’urbanisme à l’école d’architecture MacEwen, à Sudbury, explique que les parcs et les espaces verts sont nés en grande partie par souci d’hygiène. De façon générale, c'était pour permettre aux villes de respirer, après les multiples pandémies qui ont frappé au cours des siècles. Elle donne en exemple Paris comme une ville a qui a mis à jour ses infrastructures en fonction des crises sanitaires. Avant d’avoir des systèmes d’égouts et d’aqueducs, les villes sentaient très mauvais, et ça a pris les grandes épidémies pour mettre en relief les causes sous-jacentes de ces sérieux problèmes d’hygiène urbaine.

Mais est-ce que la crise actuelle pourrait changer notre façon de voir et de concevoir notre environnement urbain, non seulement dans les grandes villes, mais aussi dans les petites villes et villages du Nord ontarien?

Mme Economides répond en deux parties : une approche d’urbaniste la pousse à expliquer que le Nord ontarien est choyé d’avoir autant d’espaces verts et de lacs et elle mentionne l’initiative de reverdissement miraculeuse, qui a changé le paysage jadis lunaire de la ville. Elle croit que la crise pourrait nous inviter à reconsidérer notre relation avec notre environnement bâti, et donne l’exemple d’une ville comme Sudbury qui pourrait créer des espaces verts et des trottoirs plus larges pour encourager la circulation piétonnière.

L’agriculture urbaine pourrait aussi avoir un avenir prometteur dans le nord de l’Ontario où l’on mange des tomates de Californie alors même qu’il est absolument possible d’en faire pousser ici. C’est le deuxième volet de sa réflexion : son côté architecte croit qu’on verra l’émergence de nouvelles topologies. Tout comme les salles de bain n’ont pas toujours été des pièces par défaut d’une maison, peut être que les logements d’avenir seraient munis d’une serre plutôt que d’un garage. Qui sait, la crise dans les centres de soins de longue durée pourrait aussi mener à un modèle d’hôpital hybride, avec un aspect résidentiel. Ce ne sont que des exemples, et ce ne sera qu'après la pandémie que l'on pourra voir réellement l’impact qu’aura eu cette crise sur notre façon de vivre en ville.

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