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Personnalité nord-ontarienne : Claire-Lucie Brunet

Jonction 11-17

Avec Éric Robitaille

En semaine de 15 h 30 à 18 h

Personnalité nord-ontarienne : Claire-Lucie Brunet

Rattrapage du mardi 3 décembre 2019
Claire-Lucie Brunet

Claire-Lucie Brunet

Photo : Fournie par Claire-Lucie Brunet

Claire-Lucie Brunet est médecin de famille depuis près de 40 ans, et connaît bien le nord de l'Ontario.

Timmins, Gogama, Ignace, Longlac, Dryden et Sudbury… Claire-Lucie Brunet s’est beaucoup déplacée pour pratiquer la médecine, sans compter ses détours à l’international. Son travail et son implication auprès de la communauté lui ont mérité le Prix de la personnalité francophone de l’ACFO du Grand Sudbury en 2015 et la médaille du Jubilée de diamants de la reine.

Claire-Lucie, c’est une personne entière, une personne passionnée, raconte Marie-Elisabeth Brunet, la soeur aînée de Claire-Lucie. Elle ne fait rien à moitié. C’est aussi quelqu’un qui est très généreux de son temps et de son argent. Elle voit toujours davantage de choses qu’elle voudrait faire pour contribuer à la société.

Un des grands projets de Claire-Lucie Brunet a été son implication dans le commerce équitable. Elle prêtait longtemps un local d’un immeuble au centre-ville dont elle est propriétaire au commerce équitable Village International qui vendait des produits éthiques.

J’étais au courant du fait qu’on pouvait aider en achetant des produits faits par des personnes à qui on donnait le juste prix pour le travail qu’ils faisaient, explique-t-elle.

Le magasin de la rue Durham a dû fermer ses portes en juin dernier, et le deuil a été en double, puisque la gérante du magasin et l’amie de longue date de Mme Brunet, Pauline Loyer est décédée le 15 juin dernier.

Bien que ce deuil ait été énormément difficile, Claire-Lucie explique qu’elle était mieux préparée pour dire ses adieux au Village International.

La façade du Village International.

Les anciens locaux du Village International sur la rue Durham, à Sudbury

Photo : Radio-Canada / Mathieu Grégoire

Je vais continuer à acheter des produits équitables. Je me suis rendue compte aussi que les produits qu’on vendait c’était surtout des cadeaux de consommation unique. C’est pas une façon nécessairement d’aider. Il y a d’autres moyens d’aider les gens des pays [en voie de développement].

Les anciens locaux du Village International ont aussi trouvé une autre vocation : un appui au milieu artistique de Sudbury. Les locaux ont été utilisés depuis par l’équipe du festival Up Here et abrite présentement le Nouveau Louvre de la Galerie du Nouvel-Ontario.

Moi je dis toujours que la santé culturelle est très importante. Moi-même je ne peux pas créer des oeuvres comme celles du Nouveau Louvre, mais je peux encourager les gens à continuer à le faire.

Médecin à la retraite… ou presque

En principe, Claire-Lucie Brunet, la médecin, a tiré sa révérence le 26 juillet dernier, son dernier poste ayant été au Centre de santé communautaire du Grand Sudbury.

Faut dire que j’étais un peu émue de devoir remettre mes clés et devoir dire bonjour. Ensuite on m’a proposé de signer un contrat pour remplacer les médecins qui s'absentait pendant une période assez prolongée, avance-t-elle.

Alors jeune adolescente, c’est un livre de la série Marabout Mademoiselle, Michelle, médecin de campagne qui a inspiré Claire-Lucie Brunet à devenir médecin.

Ça m’avait vraiment frappée. J’étais toujours attirée par les sciences. Puis quand j’étais à l’université, je me suis rendue compte que je n’étais pas vraiment faite pour faire de la recherche en laboratoire. C’était le débouché. Alors je me suis dis “Ok, bien qu’est-ce que je fais si je ne vais pas faire ça?”

Elle a donc fait une demande d’admission à trois reprises pour l’école de médecine, et c’est la troisième, alors qu’elle terminait une maîtrise, qui aura été la bonne. Après un voyage d’étude en France, elle revient donc poursuivre des études en médecine à Ottawa.

La pratique dans le Nord, à Toronto et à l’international

Le premier emploi comme médecin de Claire-Lucie Brunet a été à Timmins, en 1985, en raison d’une bourse remise à condition que le récipiendaire aille travailler dans une région sous desservie.

Ensuite, elle s’est rendue à Toronto pour travailler pendant deux ans au ministère de la Santé dans le programme pour les régions insuffisamment desservies.

J’ai visité beaucoup de coins de l’Ontario à cause de ça. Je suis allée jusqu’à Moosonee et même jusqu’à l’île Pelée dans le Sud, se souvient-elle.

Après le ministère, Claire-Lucie retourne dans le Nord, pour travailler à nouveau dans des régions éloignées et sous desservies.

C’est mon époque de médecine de brousse, lance-t-elle. Il y a des moments où c’était un peu difficile. Ton gut feeling, il fallait vraiment que tu t’y fies, pour pouvoir bien pratiquer ce genre de médecine là.

En plus de se déplacer dans plusieurs régions du Nord ontarien, Claire-Lucie Brunet s’est aussi rendue en Australie et au Rwanda pour pratiquer la médecine.

Des grands souvenirs de famille

Le père de Claire-Lucie Brunet était un grand passionné de la généalogie, une passion qu’il a su léguer à sa fille.

Mais un des projets qui intéresse Claire-Lucie davantage tourne autour de la correspondance qu’a entretenue sa mère et son père.

Mes parents se sont rencontrés dans un train en s’en allant à Kapuskasing. Cette année là, leur amitié s’est développée de plus en plus, raconte-t-elle.

Mais le travail force M. Brunet à déménager à Cornwall, très loin de l’élue de son coeur.

Ils se sont écrits à tous les jours. Puis mon père a gardé toutes les lettres et il les a toutes mises dans des cartables, et c’est moi qui les a.

Je ne les ai pas encore lus, précise-t-elle. Je me suis gardée une petite gêne pendant que maman était encore en vie. Elle est décédée il y a un an et demi, puis je me suis pas encore décidée à les lire.

Une fois qu’elle aura lu les lettres, Claire-Lucie Brunet espère pouvoir faire un livre des correspondances entre ses parents.

Mon père était très poète. Il était professeur de français. Il citait souvent des choses. J’ai l’impression qu’il a fait la même chose. Puis je suis certain que ce ne sont pas juste des lettres d’amour, ils devaient raconter ce qui se passait, puis c’était l’année de la guerre, 44-45.

Leur histoire d’amour était spectaculaire. C’est justement pourquoi ma mère a voulu mettre sur leur tombe, “Un grand amour m’attend”.

Implication bénévole

Claire-Lucie Brunet est impliquée depuis bien longtemps avec le club Richelieu féminin de Sudbury, pour lequel elle a déjà été présidente.

Plusieurs personnes posent pour une photo

Photo de groupe des Richelieu à la suite d'une annonce de dons pour la Place des Arts du Grand Sudbury

Photo : courtoisie Ron Gladu

Je suis tombée dans les Richelieu quand j’étais petite. Mon grand-père et mon oncle ont été les fondateurs du club Richelieu de Sudbury et mon père en est devenu membre quand il est déménagé à Sudbury.

Quand elle est revenue à Sudbury, elle a remarqué dans un bulletin paroissial qu’il y avait des femmes Richelieu et a rencontré par hasard deux membres qui l’ont invité à son premier souper et l’histoire a continué.

Outre les rencontres sociales, le club Richelieu féminin offre de l’aide bénévole et financière à de nombreuses causent qui tiennent Claire-Lucie Brunet à coeur, comme la jeunesse et les femmes.

Puis on s’amuse en même temps. On est gagnant-gagnant.

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