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Personnalité nord-ontarienne : David Lesbarrères

Jonction 11-17

Avec Éric Robitaille

En semaine de 15 h 30 à 18 h

Personnalité nord-ontarienne : David Lesbarrères

Rattrapage du mardi 26 novembre 2019
David Lesbarrères en studio avec l'animateur Éric Robitaille

David Lesbarrères en entrevue à l'émission Jonction 11-17

Photo : Radio-Canada / Patrick Wright

David Lesbarrères est doyen des études supérieures et professeur au département de biologie à l'Université Laurentienne de Sudbury.

Originaire d’une île en France, il a complété ses études à Bordeaux et à Rennes avant de mériter son doctorat à l’Université d’Angers.

Ses études ont d’abord porté sur la maladie d'Alzheimer chez une certaine espèce de singes et ensuite sur l’apprentissage du chant chez les oiseaux.

Éventuellement, ces recherches l'ont mené, par hasard dit-il, à l’étude des grenouilles, sujet de ses études postdoctorales en Finlande.

J’ai rencontré un professeur qui travaillait sur les grenouilles d’un point de vue génétique, explique-t-il. Ça me fascinait de savoir comment les gènes et l’ADN pouvaient influencer les comportements et l’écologie des animaux. On a regardé un peu à comment les routes influencaient la génétique des populations.

Un amour pour la culture francophone de Sudbury

Depuis 2004, David Lesbarrères poursuit enseignement et recherche à l’Université Laurentienne, à Sudbury où il a fondé une famille.

C’est une région qu’il a appris à aimer tant pour sa nature que pour sa vie culturelle.

Photo de David dans les locaux de Radio-Canada

David Lesbarrères, biologiste et doyen de la Faculté des études supérieures de l'Université Laurentienne

Photo : Josée Perreault

C’est la taille de la ville. C’est l’environnement. J’ai remplacé l’eau salée par les lacs, mais l’élément aquatique j’aurais du mal à m’en éloigner. Et le côté francophone, pour moi, le TNO, les différentes activités francophones qui se passent, notre université, nos collèges… C’est extraordinaire et je suis content d’élever ma famille dans un milieu francophone et bilingue.

Père d’une jeune fille, David Lesbarrères parle aussi de l’importance de transmettre son amour pour la nature et ses créatures.

Je pense qu’on ne peut pas l’éviter, dit-il­­. J’ai grandi dans un environnement où la nature était à portée de main. De pouvoir voir ma fille s’émerveiller comme moi j’ai pu m’émerveiller, je pense que c’est une étape qui est importante dans la vie et pour moi les quatre dernières années ont été fantastiques.

Le pont animalier de l’autoroute 69

La séparation des populations animales par les grandes autoroutes demeure un problème dans de nombreux secteurs du Nord.

Par exemple, les populations de grenouilles qu’étudie David Lesbarrères qui sont séparées font de plus en plus de reproduction sanguine.

Le pont animalier au-dessus de la route 69

Le pont animalier sur la route 69, au sud de Sudbury

Photo : Naël Shiab

D’ailleurs, il a fait partie du groupe qui a instigué le projet de construction d’un pont enjambant l'autoroute 69 au sud de Sudbury pour la traverse des animaux.

Il souligne que lorsque le projet avait été présenté d’abord au gouvernement comme un projet pour sauver des vies animales, il n’y avait pas un grand engouement.

Les grenouilles ça n’a pas été du tout intéressant pour les gens du ministères du Transport. Ce qui les intéressait plutôt c’était la mortalité humaine. Donc on leur a proposé que si on faisait un pont qui éviterait aux animaux de traverser la route, on sauverait des vie humaines et des vie animales. C’est comme ça que le projet s’est lancé.

Donc le pont a été construit et on a suivi son succès, surtout pour les espèces de mammifères qui sont aux alentours, ajoute M. Lesbarrères.

C’est un pont unique en son genre en Ontario selon lui. Il ajoute que l’étude sur le pont vient de se terminer et l’étudiant qui l’a préparé commence à publier ses résultats dans l’espoir que d’autres ponts du genre soient construits.

Formateur de scientifiques et de bons citoyens

Comme professeur, David Lesbarrères s’investit énormément dans le développement de ses étudiants. Une de ses anciennes étudiantes à la maîtrise, Andrée-Michelle D'Aoust-Messier raconte l'atmosphère conviviale qui régnait pendant sa formation.

Dans le laboratoire de David, c’est vraiment une famille. C’était tellement plaisant de pouvoir travailler ensemble dans un environnement qui encourage la discussion et le questionnement à plus haut niveau des gens qui repoussent les limites de leurs connaissances pour pouvoir se motiver l’un l’autre, explique-t-elle.

Andrée-Michelle D'Aoust-Messier, photo prise en studio en 2016

Andrée-Michelle D'Aoust-Messier, ancienne étudiante de David Lesbarrères

Photo : Mathieu Allard/radio-canada

Ma fille est arrivée il n’y a que quatre ans, donc quelque part, peut-être que tous ces étudiants qui sont passés avant c’était mes enfants, lance le professeur Lesbarrères.

Au-delà de l’atmosphère familiale qui règne dans le laboratoire du professeur Lesbarrères, ce dernier veut inculquer des valeurs chez ses étudiants.

C’est une école de la vie. D’instiguer ces valeurs de recherche, de curiosité, d’autonomie et d’esprit critique chez la nouvelle génération, je pense que c’est ça qui m’intéresse et qui fait que j’y passe du temps.

Dans le dossier du scepticisme envers le changement climatique, David Lesbarrères estime que les scientifiques pourraient faire un meilleur travail de vulgarisation auprès de la population générale. Il avance notamment l’importance de programmes de communication scientifique, comme celui offert par la Laurentienne.

Je pense qu’on n’est pas assez proche de la population pour expliquer ce qu’on fait, avance-t-il. De traduire tous les faits scientifiques pour le public pour qu’ils se rendent compte que finalement on essaye juste de regarder à ce qui nous entoure et que ces choses sont compliquées mais qu’on peut les expliquer de façon assez simple et on peut les utiliser pour prendre de meilleures décisions.

D’ailleurs le travail de son ancienne étudiante Andrée D’Aoust-Messier a motivé un souhait chez le mentor. Celle-ci a fait des recherches sur la migration des grenouilles à l’échelle géologique près des communautés autochtones de la région de la Baie James.

J’aimerais qu’on puisse amener ces faits-là, en démocratisant nos résultats auprès de nos Premières Nations, souhaite M. Lesbarrères. Je trouve qu’il y a encore beaucoup trop de chercheurs qui vont travailler avec les Premières Nations ou dans leur région, faire leur recherche, mais ne retournent jamais finalement expliquer pourquoi c’est important, pourquoi c’est utile à ces populations là.

C’est quelque chose que j’aimerais faire le plus possible. C’est vraiment de travailler et de rendre la monnaie de la pièce aux gens qui nous entourent et qui étaient là au Canada avant nous.

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