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Éric Robitaille
Audio fil du mardi 24 septembre 2019

Personnalité nord ontarienne  :  Stéphane Gauthier

Publié le

Stéphane Gauthier debout dans un restaurant.
Stéphane Gauthier, directeur général du Carrefour francophone du Grand Sudbury et président de la Place des Arts du Grand Sudbury   Photo : Radio-Canada / Didier Pilon

En plein dans le feu de l'action de la quatrième édition du French Fest de La Slague du Carrefour francophone, Stéphane Gauthier a pris une heure pour parler de son parcours, de la croissance du Carrefour francophone et des effets imprévus de la Place des Arts.

Stéphane Gauthier est arrivé dans le nord de l’Ontario âgé d'à peine six mois. Il garde plusieurs souvenirs d’Elliot Lake où le hockey était au coeur de sa vie.

Ça c’est ma jeunesse. Des souvenirs d’enfance à jouer soit les billes l’été ou le hockey.

L’amour de la littérature, c’est venu plus tard avec les études. Après les études françaises à l’Université Laurentienne, il poursuit l’aventure à la maîtrise du côté de l’Université de Sherbrooke.

À son retour, il s’est fait connaître dans le Nord de l’Ontario à Radio-Canada, comme reporter culturel. D’ailleurs, la radio demeure toujours une passion pour Stéphane Gauthier.

C’est une bulle. J’aime les voix humaines, j’aime écouter les récits, j’aime comment on les ficelle. Il y a un lien très fort avec la littérature. Mon mémoire de maîtrise portait sur la construction identitaire par la littérature. Ça me fascine depuis très longtemps.

Stéphane Gauthier

Parmi les projets à Radio-Canada, il y avait la création du Prix des lecteurs et la création du Salon du livre du Grand Sudbury.

Là, j’ai appris à être diffuseur. On a fait venir Chloé Sainte-Marie. À partir de ce moment-là, il y a une piqûre, il y a une soif de recommencer, de poursuivre, lance-t-il.

Photo professionnelle de Stéphane Gauthier prise lorsqu'il travaillait à CBON
Stéphane Gauthier à CBON Photo : Radio-Canada

De Radio-Canada, il quitte pour se joindre au Carrefour francophone comme directeur artistique, toujours avec le goût de voir davantage d’artistes francophones se produire sur scène à Sudbury.

De là, la Slague vit sa renaissance en 2009 et a produit depuis de nombreux spectacles musicaux tout en récoltant de nombreux honneurs en cours de route pour la qualité de son travail de diffusion.

Les arts, la culture… et les garderies !

En 2008, Stéphane Gauthier devient général et culturel du Carrefour francophone, rôle qui vient avec un mandat bien plus large, notamment avec la gestion des programmes de garde d’enfants de l’organisme.

À son arrivée, les programmes de garde avant et après l’école existaient, et le gouvernement du moment avait priorisé les garderies. Donc, le Carrefour a investi pour créer des garderies dans les écoles, où le mandat culturel reste toujours aussi pertinent.

C’est notre mission de transmettre les arts et la culture de langue française. Les garderies, c’est le milieu pour le faire, explique M. Gauthier.

L’enfance, c’est un pays en soi. C’est probablement le pays le plus important de notre vie. Puis le meubler est extrêmement important. À cet âge-là, on a envie de jouer, on a envie de découvrir. On a une formidable occasion de créer des lieux et des environnements pour que l’enfant se développe.

C’est un service qui a beaucoup fait grandir le Carrefour francophone en tant qu’organisme. Stéphane Gauthier estime qu’au moment de son arrivée il y avait une trentaine d’employés et maintenant on en compte plus de 100.

La chute du Grand Ciel Bleu : un apprentissage

Le projet de la librairie Grand Ciel Bleu au centre-ville de Sudbury, avait été rêvé et développé par de nombreux bénévoles, dont Stéphane Gauthier.

Pancarte de la librairie Grand ciel bleu.
La librairie Grand ciel bleu était située sur la rue Durham, en plein centre-ville. Photo : Radio-Canada/Yvon Thériault

Malgré les nombreuses heures investies, la librairie a eu des difficultés financières peu de temps après son ouverture et a éventuellement dû fermer ses portes en septembre 2011, soit trois ans après son ouverture.

Il y a eu un apprentissage dans tout ça pour Stéphane Gauthier. Il avance qu’il a appris à planifier autrement.

Sans l’échec de la librairie, je ne suis pas certain qu’on aurait appris les leçons pour permettre de bâtir et construire le projet de la Place des Arts de façon aussi solide.

Tout le monde a des idées, et toutes les bonnes idées ne sont pas nécessairement bonnes à réaliser. Là, j’ai compris qu’il faut prendre un recul. Il ne faut pas tomber amoureux de ses idées, et il faut vraiment les passer au test, ajoute-t-il.

Vers la Place des Arts : le grand lieu rassembleur

Le projet de la Place des Arts du Grand Sudbury est un rêve de très longue date, mais le projet actuel, lui, date d’environ une dizaine d’années.

Le chantier de construction bourdonne d'activités et les premières structures doivent bientôt être montées. Déjà, toute les attentes de Stéphane Gauthier, qui est le président du projet, ont été dépassées.

J’ai appris à connaître notre communauté différemment, avance-t-il.

Les heures de bénévolat comptabilisées pour le projet l’an dernier ont atteint le cap de 6 000 heures. Pour certains, le projet occupe quelque vingt heures par semaine.

Un chantier de construction.
L'édifice de la Place des Arts du Grand Sudbury sera érigé à l'angle des rues Larch et Elgin, au centre-ville. Photo : Radio-Canada/Bienvenu Senga

On se rend compte qu’il y a beaucoup de gens qui rêvaient d’une Place des Arts. Ils ne la nommaient pas comme ça. Mais ils aspiraient très fortement à ce qu’on ait un grand lieu rassembleur culturel qui soit inclusif et qui nous permettrait de voir le meilleur de nous-mêmes sur scène.

Cet aboutissement a rallié une énergie incommensurable, qui n’était pas possible de deviner parce qu’on ne pouvait savoir qu’il y avait des gens qui portaient ça encore en eux, ce rêve-là, avance Stéphane Gauthier.

Ce n’était pas seulement la communauté artistique et culturelle, c’est vraiment l’ensemble de la communauté élargie.

La façade de la Place des Arts.
L'édifice de 30 M$ sera construit à l’angle de la rue Elgin et Larch, au centre-ville sudburois.   Photo : Place des Arts

Stéphane Gauthier espère que la Place des Arts permettra aux francophones de Sudbury de se réapproprier leur présence et leur histoire dans la région et de transformer l’insécurité linguistique en force.

Que ce soit une source de fierté, mais aussi une source de courage pour embrasser la francophonie qui grandit dans le monde, explique-t-il.

Je trouve que c’est une belle occasion de transformer ce qu’on ressent profondément comme une faiblesse au quotidien ou une condition minoritaire, en quelque chose de fier, mais sans être envahisseur.

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