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Éric Gagnon
Audio fil du mercredi 21 novembre 2018

Redonner aux Malécites leur fierté, l'objectif de Ghislain Michaud

Publié le

Le drapeau de la Première nation malécite de Viger.
Le drapeau de la Première Nation malécite de Viger.   Photo : Radio-Canada / Jérôme Lévesque-Boucher

Pas moins d'une cinquantaine de personnes ont assisté, le 20 novembre, à une conférence de l'auteur Ghislain Michaud intitulée Les gardiens des portages: histoire des Malécites. Selon le conférencier, l'intérêt de la population pour l'histoire des Premières nations est palpable.

Un reportage de Jérôme Lévesque-Boucher

M. Michaud a retracé l'histoire des Malécites, notamment en démontrant leur présence dans le Témiscouata avant la colonisation française. Jusqu'à tout récemment, les livres d'histoire nous disaient que le sud du Saint-Laurent était inoccupé lors de l'arrivée des colons. Or, les recherches de l'auteur tendent à démontrer exactement l'inverse.

Il y a beaucoup de faits nouveaux que j'ai eu la chance de documenter. Ils viennent enrichir l'histoire de façon incroyable. Je me suis demandé pourquoi on ne sait pas ça! Ma question, c'est: pourquoi cette histoire est disparue? Pourquoi on n'a pas gardé un minimum d'informations?

Ghislain Michaud, auteur

Par ailleurs, les spectateurs présents ont été surpris d'apprendre que les Malécites ont frôlé la disparition totale au cours du 20e siècle. Dans les années 1930, à la suite de ce qui a découlé de la Loi sur les Indiens qui avait réellement pour intention de faire disparaître les Premières nations en les cloîtrant dans des réserves, il y a eu l'émancipation forcée des Malécites, explique M. Michaud.

Ghislain Michaud.
L'auteur, conférencier et chercheur Ghislain Michaud. Photo : Centre d'archives du Témiscouata

Pour vulgariser rapidement, on les invitait à renoncer à leur identité en devenant des Blancs. Ce faisant, en 1949, l'agence de Cacouna a été dissoute pour se fondre à celle de Tobique, au Nouveau-Brunswick. Ceux qu'on connait maintenant comme les Malécites de Viger ont donc pratiquement disparu.

Ghislain Michaud, auteur

Considérant que les autochtones de Tobique parlaient anglais et que ceux de Cacouna parlaient français, Ghislain Michaud affirme que les Malécites se sont effacés. Il a fallu attendre la fin des années 1980, lors de la modification de la Loi sur les Indiens, pour que la Première nation malécite de Viger soit officiellement reconnue.

Les descendants malécites, réunis en assemblée générale à Rivière-du-Loup, ont procédé à l'élection d'un Conseil. Puis en 1989, les Malécites de Viger ont été reconnus par les deux paliers de gouvernement. Ce qui est surprenant, c'est que cette réalité est souvent méconnue des Malécites eux-mêmes!, explique M. Michaud.

Selon l'auteur, l'émancipation des années 1930 a contribué à ce que l'histoire des Malécites soit oubliée. L'objectif que je me donne avec mon livre et avec mes conférences, c'est de redonner la fierté aux Malécites en racontant leur histoire et en la faisant connaître.

Un ouvrage à venir

C'est en 2003 que Ghislain Michaud a fait paraître la première édition de son livre Gardiens des portages: l'histoire des Malécites au Québec. Après une réédition en 2009, il travaille sur une nouvelle version à paraître prochainement.

J'ai maintenant beaucoup plus d'illustrations pour accompagner les faits historiques. Je veux aussi parler davantage de l'histoire des familles, de l'histoire humaine des Malécites, conclut-il.

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