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Éric Gagnon
Audio fil du vendredi 8 juin 2018

Pas d'interdiction des pitbulls : soulagement chez les éducateurs canins

Publié le

Un pitbull est étendu sur le gazon, la gueule ouverte et la langue sortie.
Pour l'éducateur canin Arnaud Wéry, la législation de Québec devrait s'intéresser à l'ensemble des chiens dangereux et pas seulement à une race en particulier.   Photo : iStock / Xesai

Plus tôt cette semaine, Québec a renoncé à interdire les chiens de type pitbull. Le ministre de la Sécurité publique, Martin Coiteux, affirme qu'il n'y a aucun consensus scientifique sur le sujet et qu'une telle mesure serait très difficilement applicable. Pour les éducateurs canins, la nouvelle est accueillie comme un soulagement.

Un texte de Jérôme Lévesque-Boucher

Arnaud Wéry, éducateur canin de La Pocatière, est l'un de ceux qui se réjouit de la décision prise par le gouvernement provincial. Selon lui, l'interdiction d'une race en particulier est anti-constructive. Il affirme qu'une telle loi devrait plutôt s'intéresser à l'ensemble des chiens dangereux, peu importe la race.

Par ailleurs, il se questionne toujours sur la façon dont l'identification d'un chien de type pitbull se serait fait. « Le pitbull, c'est un type de chien. Ce n'est pas une race à part entière et je pense que c'est important de le rappeler. Sans test d'ADN, c'est pratiquement impossible d'identifier un pitbull par rapport à, par exemple, un croisé labrador-boxer. »

Du même souffle, il se dit sensible aux préoccupations des citoyens qui se montrent déçus, voire frustrés par la décision de Québec. Pour lui, il est tout à fait normal qu'une victime d'une morsure de pitbull soit dans cet état d'esprit. Toutefois, il pèse ses mots: tous les chiens, peu importe la race, ont un potentiel de dangerosité.

Un chien mal éduqué peut être agressif. Ce n'est pas une affaire de race mais bien d'éducation. C'est vrai pour les types pitbulls, bien sûr, mais c'est aussi vrai pour les golden retrievers, les bichons maltais, les chihuahuas ou les labradors.

Arnaud Wéry, éducateur canin

C'est pourquoi il se dit d'accord avec l'orientation que Québec semble vouloir prendre, soit de réglementer les chiens dangereux sans égard à la race. « On se doit de prôner une bonne éducation des chiens, mais aussi des maîtres. C'est eux qui sont responsables du comportement de leur chien », tranche l'éducateur canin. « Je dis souvent à la blague que mon travail, c'est d'éduquer les chiens et de dresser les maîtres », ajoute-t-il.

Un pitbull
Un pitbull Photo : iStock/lisa_l

Une réputation à refaire

Puisque la décision de Québec à l'égard des types pitbulls est maintenant rendue, Arnaud Wéry est d'avis que l'heure est à refaire la réputation de ce chien. Il se désole que le débat soit devenu trop émotif.

Ça a déjà été les dobermans, ça a déjà été les bergers allemands. Là, c'est les types pitbulls. On en voit beaucoup trop dans les refuges, probablement parce que les propriétaires croient à tort que ça va leur causer des problèmes.

Arnaud Wéry, éducateur canin

Lui-même propriétaire d'un jeune chien de type pitbull, Arnaud Wéry rappelle que des professionnels peuvent venir en aide aux gens qui éprouveraient de la difficulté avec l'éducation de leur chien. « Que ce soit pour un type pitbull ou pour n'importe quelle race, on accueille tous les chiens à bras ouverts. Et leur maître aussi », conclut-il.

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