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Éric Gagnon
Audio fil du lundi 16 septembre 2019

Des élèves suspendus appelés à travailler à Saint-Pascal

Publié le

Des élèves lèvent la main dans une salle de classe.
Au cours des deux dernières années, la directrice adjointe Annie Chénard a remarqué une diminution substantielle du nombre de suspensions à l'école secondaire Chanoine-Beaudet.   Photo : iStock

Depuis deux ans, l'école secondaire Chanoine-Beaudet de Saint-Pascal présente une nouvelle politique pour ses élèves suspendus. Au lieu de les envoyer à la maison, la direction réfère plutôt les jeunes qui ont commis une ou des bourdes aux Ateliers Mon-Choix de Saint-Pascal, où ils sont appelés à travailler.

Un reportage de Jérôme Lévesque-Boucher

D'emblée, la directrice adjointe Annie Chénard insiste pour dire qu'il ne s'agit pas de travail forcé. S'ils le veulent, les élèves peuvent s'asseoir dans un coin pour regarder le temps passer. Toutefois, on remarque qu'ils finissent par travailler avec les gens des Ateliers Mon-Choix, par eux-mêmes, question de ne pas être laissés à eux-mêmes, affirme-t-elle.

Du même souffle, Mme Chénard précise que les élèves suspendus doivent se lever à la même heure que leurs camarades pour se rendre au travail. Vous savez, à la maison, les distractions sont nombreuses. Qu'on parle de jeux vidéo, de télévision, d'ordinateur. On remarquait que certains élèves ne voyaient pas vraiment ça comme une punition, explique la directrice adjointe.

Ça arrange l'école parce qu'elle a trois missions, soit d'instruire, de socialiser et de qualifier. [...] Quand on envoie un élève à la maison, c'est plus difficile de faire cette partie-là. Il va toujours exister des jeunes qu'on devra envoyer à la maison pour toutes sortes de raisons. [...] Mais on croit qu'en les envoyant aux Ateliers Mon-Choix, notre mission est [accomplie].

Annie Chénard, directrice adjointe de l'école secondaire Chanoine-Beaudet

Maintenant, comme ils sont appelés à faire du travail manuel et que c'est plus difficile que d'être en classe, on remarque qu'ils sont beaucoup plus réfractaires aux suspensions. On a même remarqué, au cours des deux dernières années, que le nombre de suspensions a beaucoup diminué, ajoute Mme Chénard.

La façade de l'école secondaire Chanoine-Beaudet de Saint-Pascal.
L'école secondaire Chanoine-Beaudet de Saint-Pascal. Photo : Courtoisie/Le Placoteux

Punir avec le travail manuel?

Certaines personnes pourraient se questionner sur le message qu'envoie la punition au moyen du travail manuel, un métier comme un autre. Toutefois, la vraie punition est ailleurs, affirme la directrice adjointe.

La vraie punition, c'est de demander à l'élève de se lever à la même heure que les autres et d'éviter qu'il reste à la maison pour écouter la télé, explique Mme Chénard. Du reste, certains étudiants aiment beaucoup aller aux Ateliers Mon-Choix et font même des efforts pour y aller, ajoute-t-elle.

Je ne pense pas que l'élève le voit comme une punition parce qu'il peut partager avec d'autres gens. Sur les raisons pour lesquelles il est là, par exemple. Des fois, c'est [juste] le lien avec l'adulte que l'élève va rechercher. C'est très précieux pour ces enfants-là. Pour tous les enfants, d'ailleurs.

Annie Chénard, directrice adjointe de l'école secondaire Chanoine-Beaudet

La directrice adjointe précise par ailleurs que l'initiative s'est mise en place avec l'accord des parents.

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