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Info-réveil

Avec Éric Gagnon

En semaine de 6 h à 9 h

L'entretien de la route 287 coûte cher à Mont-Carmel

Audio fil du mercredi 20 février 2019
Une affiche signalétique de la route 287, à Mont-Carmel.

Le tronçon de la route 287 situé entre la côte Blais et le Lac-de-l'Est est d'une distance d'environ 33 kilomètres.

Photo : Radio-Canada / Jérôme Lévesque-Boucher

Depuis le début des années 90, la route 287 à Mont-Carmel, dans le Kamouraska, est de juridiction municipale malgré sa numérotation qui laisse croire qu'elle est de juridiction provinciale. Aujourd'hui, l'administration de la municipalité d'un peu plus de 1100 habitants désire revoir les modalités de l'entretien de la route 287 et demande à Québec de mieux l'épauler.

Un reportage de Jérôme Lévesque-Boucher

C'est que depuis la mise en place du Programme d'aide à l'entretien du réseau routier local (PAERRL) en 1993, celui-ci n'a été bonifié qu'une seule fois, soit en 2018. Sauf qu'il n'a jamais été indexé à l'inflation et on a encore un gros manque à gagner, affirme le maire de Mont-Carmel, Pierre Saillant.

Qui plus est, la route 287 de Mont-Carmel en est une à double vocation. Elle sert autant au transport routier qu'au transport de ressources forestières, explique M. Saillant.

Pour les routes à double vocation, si on ne dénombre pas 1000 voyages de ressources forestières, on n'a pas de subvention. Si on dénombre 850 voyages, les camions brisent la route quand même. Mais on n'a pas une cenne. C'est surtout de revoir ça qu'on demande.

Pierre Saillant, maire de Mont-Carmel

Toujours selon le maire Saillant, 1000 voyages de transport forestier doivent être dénombrés pour que la Ville reçoive une subvention d'environ 28 000 $. Mais 28 000 $, ça ne paie même pas l'abat-poussière! Ça ne paie pas nos réparations. Cette année, on a encore 12 à 15 ponceaux à faire, ajoute-t-il.

C'est pourquoi Pierre Saillant souhaite que Québec bonifie les montants alloués pour les routes à double vocation.

Le maire de Mont-Carmel, Pierre Saillant.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Le maire de Mont-Carmel, Pierre Saillant.

Photo : Radio-Canada / Jérôme Lévesque-Boucher

La FQM du même avis

Selon un document rendu public par la Fédération québécoise des municipalités (FQM) qui s'intitule Proposition de bonification et d'amélioration des programmes de voirie locale, en 2017, 70 municipalités se sont réparti une aide financière de 700 000 $ pour les routes à double vocation. Cela représente environ 832 $ par kilomètre.

C'est nettement insuffisant, affirme Pierre Saillant. Il faudrait au moins augmenter la contribution au kilomètre ou diminuer le seuil de voyages requis pour avoir la subvention.

Selon le maire, ce manque à gagner met beaucoup de pression sur les finances de la municipalité.

Ben oui! On calcule peut-être un 60 000, 65 000 dollars pour l'entretien annuel de cette route-là. [...] C'est important. Si on a un [financement] pour les routes à double vocation plus variable, au moins, ça nous enlèverait de la pression.

Pierre Saillant, maire de Mont-Carmel

Mont-Carmel n'est pas seule

La municipalité n'est pas la seule à devoir vivre avec cette réalité. Tout près de là, à Saint-Joseph-de-Kamouraska, la directrice générale de la municipalité, Nathalie Blais, confirme que la situation est identique pour la route de Picard, ce tronçon qui mène à l'usine du Groupe Lebel.

En fait, toujours selon ce qui est prévu dans la Proposition de bonification et d'amélioration des programmes de voirie locale de la FQM, si l'aide à la voirie locale avait suivi la même courbe que l'inflation depuis 1993 dans l'ensemble du Québec, l'aide disponible pour la voirie locale serait actuellement de 243,7 millions de dollars. Or, en 2017, elle était de 173,1 millions de dollars. Il y a donc un manque à gagner d'environ 70,6 millions de dollars, ce qui est réclamé par la Fédération.

Ouverture du gouvernement

Selon le maire Saillant, il y a toutefois une bonne nouvelle. Il affirme que la ministre responsable du Bas-Saint-Laurent, Marie-Eve Proulx, a pris connaissance du problème lors d'une récente rencontre. Il ajoute qu'il a senti une oreille attentive à ses doléances.

On lui a montré la carte avec tout ce que nous avons à entretenir à partir d'ici, jusqu'au Lac-de-l'Est. Elle a regardé ça en disant que c'est plutôt grand. Oui, elle est consciente de tout ça.

Pierre Saillant, maire de Mont-Carmel

Pierre Saillant espère des modifications plus tôt que tard. Il ne faut pas étouffer notre monde avec les taxes. La population vieillit! Les moyens ne sont pas les mêmes et c'est plus difficile, conclut-il.

À l'instar de bien d'autres maires, M. Saillant a bien hâte de voir, au dépôt du prochain budget, si le gouvernement Legault aura une pensée pour aider les communautés comme la sienne avec leurs voiries locales.

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